Publié par : Yvonne Langford | 3 Mai 2025

La mer patiente

La mer est si patiente

Elle attend son ami

qui tarde un peu

puis paraît

Beau charmeur

il se fait vite pardonner

C’est qu’il est un peu chanteur

et magicien du verbe

Ses mots

qu’il assemble en poésie

connaissent le chemin du cœur

Le voici

entonnant d’une voix sincère

sa vieille chanson

que la mer fait semblant

d’entendre

pour la première fois

 

***

Note au lecteur :  mon (son) poème est une adaptation libre d’un poème d’Abdellatif Laâbi.

Publié par : Yvonne Langford | 8 octobre 2022

Ce sentiment océanique

« Nommer n’est pas posséder.

C’est connaître, reconnaître.

C’est aimer. C’est célébrer. »

Robert Lalonde

Depuis ce jour, je n’ai pas trouvé les mots pour en parler. Les quelques fois où je m’y suis essayée, je me suis vue dans l’incapacité de le raconter. Pourtant, maintes fois, m’est revenu clairement à la mémoire ce souvenir d’une expérience forte, unique, à part. Je ne suis pas près de l’oublier.

Existe-t-il des choses qui ne se disent pas, qui ne s’écrivent pas ? Et si j’étais devant l’indicible ?

*

Je commencerai par relater ce moment d’un point de vue extérieur, comme si quelqu’un avait observé ce qui s’est passé pour moi ce jour-là.

Voici la scène.

Je me trouve alors pour quelques semaines dans les îles du Saloum, au sud du Sénégal, à titre de coopérante internationale. J’en suis à mon quatrième séjour dans cet archipel.

Nous sommes un samedi de mai 2014, mon premier jour de « congé » depuis mon arrivée. Ce matin-là, les biologistes Malick et Alassane, une dizaine de mamas du village, pêcheuses de leur métier, le piroguier et moi, nous levons l’ancre. Nous nous rendons dans les bolongs, ces bras d’eau qui s’enfoncent dans le delta du fleuve Saloum. Je suis contente que les biologistes aient accepté que je me joigne à l’expédition. Je veux juste en profiter pour me trouver là, avec elles et eux. 

Arrivées au site, les femmes et moi, nous creusons le sable découvert par la marée basse pour en extraire des coquillages que nous accumulons dans des seaux de plastique flottants qu’elles traînent attachés à leurs jupes de toutes les couleurs. On se parle comme si l’on se comprenait, mais puisque les pêcheuses ne parlent presque pas français et que je ne parle ni sérère ni wolof, ou si peu, nos paroles ne sont que musique à nos oreilles. Elles s’étonnent que la Canadienne en visite veuille pêcher avec elles, comme elles, une activité astreignante et éreintante qu’elles n’exercent pas par choix. Elles craignent que je me blesse à un doigt ou à un pied sur une coquille. Comment leur expliquer que, dans les îles d’où je viens, depuis que je suis toute petite, nous creusons à mains nues le sable des platiers pour y cueillir des coques ?

Les Niominkas, cette civilisation du coquillage, pêchent depuis des millénaires dans cet environnement typique de l’Afrique de l’Ouest, fait d’îles sablonneuses, de mangroves et d’eaux saumâtres accotées à l’Atlantique. Les écosystèmes dont font partie ces populations dépendantes des ressources naturelles sont aujourd’hui confrontés à de grands bouleversements, répercussions des changements climatiques. Rattachés à l’Institut universitaire des Pêches et de l’Aquaculture de Dakar, Professeur Malick et Professeur Alassane assurent le suivi scientifique des populations d’arches de ce territoire, qui débouchera sur un plan de pêche pour ce mollusque compris et consenti par les cueilleuses, comprenant des mesures comme l’introduction d’une taille minimale, le repos biologique et le réensemencement.

Dans ce grand calme, je sens l’eau, sa caresse, sa résistance, la finesse et la douceur du sable sous mes pieds.

Tout autour de moi, le paysage placide se profile au ras de l’horizon, comme une aquarelle confondant sur le papier des lignes planes aux couleurs pastel de l’eau, de la terre et du ciel.

Un soleil piquant cuit tout ce qui se trouve à sa portée.

Pendant un moment, je donne un coup de main à Galass, le piroguier, qui a aussi pour tâche de classer les spécimens selon leur taille au fur et à mesure que les mamas les apportent à la pirogue. Assigné à une tâche plus solitaire, il est content d’avoir de la compagnie plus encore qu’il n’a besoin d’aide.

Après quelques heures, l’expédition scientifique achevée, les visages sourient. Sans se presser, on rembarque pour le retour au village. Tout le monde à bord, la pirogue se meut lentement, délicatement, dans ce labyrinthe d’îles et de méandres de l’estuaire fluvial dont, toute seule, je n’arriverais pas à sortir.

Une mama se fait un tambour d’un seau renversé, qu’elle frappe de ses tongs. À mesure que les autres femmes font pareil, le rythme joyeux résonne dans la mangrove. Une chanteuse lance ce qui ressemble à une chanson à répondre, suivie par ses voisines. Leurs voix fines s’élèvent au ciel. D’une chanson à l’autre, elles éclatent de rire. Leur joie se communique à tous les passagers. Le fun est pris à bord, comme lorsqu’en famille, par un beau dimanche d’été, on revient d’une sortie sur la baie de Plaisance.

*

Cette scène extérieure relatée, comment maintenant rendre compte de ce ressenti intérieur si particulier, si inhabituel, qui s’y est mêlé ? Comment dire l’extraordinaire avec des mots ordinaires ?

Pendant que nous voguons vers le village, alors que les femmes chantent au rythme de leurs seaux, que tout le monde rayonne, un sentiment fort, particulier, insolite, monte en moi. Je suis simplement et totalement là, rien que là, dans le paysage. Je ne pourrais être nulle part ailleurs. Il m’apparait que je suis là avec tout ce que j’ai été, avec tout ce que j’ai vécu, que tout ce que je suis prend du sens dans ce moment-là, comme si tous les fils de ma vie s’attachaient pour aboutir en ce petit bout du monde, avec ces gens, en cet instant. En même temps, plus rien ne compte que ce qui est. Il n’y a plus de temps ni d’ailleurs. Tout est là.

Ce n’est pas que l’émotion ou l’exaltation me submerge, ni que je tende à quelque chose ou que j’arrive quelque part. Je suis en même temps dans ce que la vie a de plus simple et de plus extraordinaire, dans l’intensité. À ce moment-là, je n’ai pas besoin de m’expliquer les choses, je n’ai nulle curiosité du passé ou de l’avenir, je ne ressens aucun désir, manque ou rejet. Aucun effort ou contrôle n’est recherché ou n’est imposé par qui que ce soit pour tendre vers quoi que ce soit. Il n’y a rien à atteindre. Ma conscience est parfaitement tranquille. Tout est expérience. Il me suffit d’être complètement et uniquement à ce qui est.

Il n’y a pas moi et les autres. Tout ce qui m’environne et tout ce qui vient du tréfonds de moi, de l’extérieur comme de l’intérieur, sont vécus globalement, indistinctement, dans un grand tout. J’ai le sentiment d’être là, infiniment petite, plus présente que jamais, comme une partie indistincte du monde, en harmonie complète avec lui. Mon dedans et le dehors sont confondus, fusionnés en une seule et même réalité, sans frontière, sans confrontation ni résistance. Ce moment sous ce ciel contient tout. Le temps est suspendu, il a disparu dans un instant d’éternité.

J’ai un sentiment de simplicité, d’unité, d’infini. Jamais je n’ai été aussi bien. Jamais je n’ai senti la vie aussi pure, aussi pleine, aussi dense. Enchantement. Béatitude.

*

Tout cela pourrait-il n’avoir été qu’illusion induite par une imagination trop fertile, un romantisme débridé, une tendance au mystique ou un soleil un peu trop fort ?

Or, j’ai découvert récemment que cette expérience particulière a un nom. Dans les années vingt, l’écrivain Romain Rolland aurait raconté à son ami Sigmund Freud cette sensation exceptionnelle qu’il avait vécue, pour en venir à nommer « sentiment océanique » cet état de conscience particulier. L’expression emprunte à la sensation de se sentir dans l’Univers comme une goutte ou une vague dans l’océan, dans une énergie qui fait se sentir au-delà de soi-même, sa conscience en fusion avec le cosmos.

Depuis, en dépit de la difficulté avérée d’arriver à les formuler, les témoignages de sentiment océanique se sont multipliés. Le philosophe André Comte-Sponville en parle comme de l’évidence, tout étant là, « à la fois incompréhensible et incontestable, mystérieux et lumineux ». Il dit : « je n’ai jamais rien vécu, ni avant ni après, de meilleur, ni de plus fort, ni de plus simple, ni de plus heureux, ni de plus bouleversant ». D’autres parlent de se fondre dans le paysage, « comme perdue dans la contemplation du monde », d’« un dialogue idéal où le monde intérieur s’accorde parfaitement avec l’environnement extérieur », d’« un effacement des frontières entre soi et l’univers qui le porte », d’un délicieux — ou intense — sentiment d’exister, procurant un double sentiment d’hyperpuissance et d’humilité.

*

Que m’en est-il resté ? L’impression d’une expérience fortuite, singulière, intrigante, encore nettement palpable, incomparable, merveilleuse, d’un moment de grâce : n’avoir fait qu’un avec l’Univers, affranchie du temps, dans un état de bien-être absolu.

Depuis, je ne suis plus tout à fait la même. J’ai découvert que de me fondre dans tout ce qui m’entoure, sans trop penser à moi, en m’échappant de moi, paradoxalement, me fait me sentir à la fois moins éparpillée, plus rassemblée en moi-même, et plus unie, plus intégrée au monde. Comme lorsque la solitude bien vécue nous fait mieux vivre avec les autres.

Vivre, ne serait-ce qu’une fois, cette expérience profondément humaine, je sais désormais que c’est possible. Depuis, avec ou sans les mots pour l’exprimer, ce sentiment océanique, il est là, en moi, il nourrit ma force intérieure. De le dire, de l’écrire, il n’en est que plus réel.

*

Publié par : Yvonne Langford | 30 avril 2022

Un terrain de volleyball pour le Collège Saint-Jean

Lien pour donner : https://gofund.me/bd97383b

Lisez le beau message que Marie-Érica a écrit pour vous et ensemble, répondons à son appel ! Joignez-vous à moi pour aider les jeunes du Collège Saint-Jean, aux Cayes, en Haïti, à refaire leur terrain de volleyball détruit par le tremblement de terre du 14 août dernier. Ça ne vous prendra que quelques minutes et peu importe le montant que vous donnerez, vous ferez beaucoup de bien à ces jeunes. Merci de votre aide.

                             Reconstruire notre terrain de volleyball au Collège Saint Jean

Marie Erica GÉDÉON, élève du Collège Saint Jean des Cayes

À vous qui lisez ces lignes, nous lançons un vibrant et sportif appel à la solidarité des jeunes et de toute la population de votre coin du Canada pour aider les responsables de notre bien-aimé collège de la ville des Cayes, en Haïti, à reconstruire notre terrain de volleyball. En le faisant, vous n’aiderez pas seulement les jeunes du Collège, mais toute la population de la ville qui y vient pour différentes compétitions.
 
Je réponds au nom de Marie Erica GÉDÉON. J’ai 17 ans. J’étudie au Collège Saint-Jean des Cayes. Je pratique le volleyball, mon sport préféré, depuis cinq ans, comme la plupart des filles de mon collège. Nous avons été plusieurs fois championnes dans les compétitions régionales. On nous a dit que les jeunes des Îles-de-la-Madeleine, les filles comme les garçons, sont aussi de grands adeptes du volleyball et qu’ils remportent beaucoup de succès.

Marie-Érica Gédéon, joueuse de volleyball du Collège Saint-Jean

Mais depuis le séisme du 14 août, nous avons du mal à nous entraîner et à jouer, puisqu’en plus des dégâts considérables dans nos différents bâtiments (cause pour laquelle vous avez apporté une aide secourable), nos deux terrains sportifs ont été gravement endommagés. Nous en sommes consternés. Nous en avons besoin pour continuer à nous entraîner et devenir plus performants, une évidence pour une école de qualité comme le Collège Saint Jean.

La pratique sportive est porteuse de sens pour chacun de nous dans un monde qui a besoin de plus de paix et de solidarité. En plus de participer à notre bien-être et de nous permettre de gérer les stress, surtout en période de grandes difficultés, elle ouvre nos consciences les uns aux autres. Pratiquer un sport c’est comme être dans une école du vivre-ensemble qui nous permet de transcender nos différences, de dompter nos égos et nos pulsions.


Nous mettons beaucoup d’espoir dans votre solidarité pour aider les responsables de notre collège à reconstruire le terrain de volleyball. Merci beaucoup.

***

L’objectif de la campagne est de 7 500 $. Le terrain coûtera 15 000 $ au total. Une généreuse donatrice a déjà contribué pour 5 000 $.

Par ailleurs, les Haïtiens d’Haïti et du Québec amassent de l’argent pour reconstruire les parties du collège détruites suite au séisme.

Lien pour donner : https://gofund.me/bd97383b

Publié par : Yvonne Langford | 12 mars 2022

Notre espace, c’est la mer

Blottis sur nos petites îles

Si ce n’était d’elle

Un sentiment d’enfermement

Nous envahirait

*

Devant nous, autour de nous, en nous

Partout, par tous les temps

Ses formes, ses couleurs

Ses lignes, ses vagues, l’horizon

*

Au-dessus d’elle

La coupole céleste dans son entièreté

Ses astres

Le soleil, du levant au couchant

La lune et les étoiles, toute la nuit

Grâce à elle, un grand ciel

*

Contrastant avec nos terres infimes

Vue d’ici, une étendue infinie

Notre espace, c’est la mer

*

Publié par : Yvonne Langford | 8 février 2022

Hymne à l’amour

Comme l’enseigne Gilles Vigneault dans sa chanson, jamais les fleurs du temps d’aimer n’ont poussé dans un cœur fermé. La nuit, le jour, l’été, l’hiver, il faut dormir le cœur ouvert.

L’amour a croisé ton chemin.

Ton corps, ton cœur et ta tête penchaient pour cette personne. Il ne faisait pas bon vivre dans cette agitation insatisfaite. Ton être devait se calmer. Tu aspirais plus que tout à le rencontrer.

Vous êtes tombés dans les bras l’un de l’autre. Parce que c’était lui, parce que c’était toi. Ce fort penchant vous a inclinés à vivre ensemble, dans l’absence comme dans la présence, en permanence. Un bon « fit ».

Cet amour a pris la forme de la constance, simplifiant tellement de choses. Depuis, tu es sortie du concours des corps et des esprits pour gagner quelqu’un. Apaisement. Bienfait.

Vos êtres indépendants s’accordent. Vos goûts et nos désirs convergent. Vous prenez plaisir à échanger. Vous continuez d’être curieux l’un de l’autre. Vous êtes là l’un pour l’autre.

Cela dure. Vous n’êtes plus les mêmes. Vous vous développez aux côtés l’un de l’autre, l’un avec l’autre, l’un par l’autre.

Chacun, vous n’êtes que vous-même, vivant pleinement sa vie, dans la concorde avec l’autre. Vos coeurs sont nourris et irrigués.

Don. Grâce.

Publié par : Yvonne Langford | 31 décembre 2021

Par tous les vents

Le journal Le Devoir a publié ce texte dans son édition du 31 décembre 2021. https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/657840/par-tous-les-vents

Je le reproduis ici pcq je crois comprendre que des gens n’ont pu y accéder.

***

Entre « c’est comme une huile sur l’eau », une risée, un « squall » et une tempête, entre « il ne vente pas une haleine » et « il vente une dépouille », habitant des îles loin en mer, nous en connaissons un chapitre sur le vent, les pêcheurs et les marins plus que les autres. « Il vente une vraie tourmente », disaient les vieux quand, ce jour-là, il n’était question pour personne d’aller sur l’eau ou que tous revenaient vite au port.

Tous les jours, le vent fait partie de nous, y compris quand il se tient tranquille. Il se lève, forcit, râle, tourne, enfin calmit, puis tombe et s’endort. Il vient de face, de dos, de côté, de travers, de partout. Il caresse, berce, fait danser, décoiffe, évente, fouette. Il soupire, chante, vibre, siffle, mugit, délire. Il rafraîchit ou fait frissonner. Il vole, tourbillonne, s’engouffre et s’infiltre de toute part. Il sèche, dépoussière, gonfle la vague, pousse, balaie, soulève, emporte, transporte, déchaîne, arrache, érode, défait. Infatigable, « […] il use les montagnes, qui ne l’usent pas ».

***

Qu’est-ce que le vent m’apprend ? Comment m’apprend-il à vivre ?

Que, lorsque je l’ai dans le dos, dans mes voiles, je peux me laisser porter gaiement vers où je veux aller ou là où il veut m’emmener, grâce à l’élan qu’il me donne. Comme dans la vie, quand elle me fait des cadeaux, qu’elle m’envoie des épisodes de grand bonheur. Qui passent toujours trop vite.

Que j’ai intérêt à profiter du temps calme et beau pendant qu’il passe, sachant qu’il n’est pas là pour toujours ni pour longtemps. Le mauvais temps va revenir, je le sais. Je ne sais jamais d’où. Je sais que la vie est ainsi faite.

Que, quand je l’ai en pleine face, qu’il menace mon équilibre instable, je peux courber le dos pour mieux l’affronter, foncer avec plus d’énergie, même si c’est pour avancer plus lentement. Que, lorsqu’il est le plus fort, c’est à moi de m’arrêter pour me mettre à l’abri. Quand la vie m’apporte peine ou désolation, tourmentée, désemparée, je n’ai pas d’autre choix que de faire contre vents et marées, d’assumer aussi les obstacles et les jours plus difficiles, inévitables, et d’attendre qu’ils passent. « Tout passe. »

Que je sais m’adapter aux circonstances changeantes, au gré du vent, entre brise et ouragan. À moi de connaître ce qui est et d’avoir la volonté de faire avec, au mieux, pour vivre ce qui est là, d’agir en conséquence, de m’ajuster, de continuer. Nous le faisons tous. C’est notre force.

Que tout change. Que je n’ai d’autre choix que d’accepter l’éphémère. Qu’il me faut aimer la vie, passagère, précieuse, incontrôlable, par tous les vents, par tous les temps. Que je ne dois pas oublier que la beauté de la vie tient dans sa fugacité, sachant que ce qui est là, imparfait, fragile, en apparence banal, un jour ne sera plus. Que sa valeur vient du changement lui-même. Et la savourer.

Bon temps à tous, par tous les vents.

Publié par : Yvonne Langford | 27 décembre 2021

La générosité, c’est très bien, la solidarité, c’est encore mieux

Le 24 décembre dernier, le journal Le Devoir a publié ce texte dans la section « Idées » de son édition journalière.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/656766/cooperation-internationale-la-generosite-c-est-tres-bien-la-solidarite-c-est-encore-mieux

Je le reproduis ici pour en faciliter l’accès.

***

Le 14 août dernier, un important séisme a plus que jamais placé les populations du Grand Sud haïtien dans l’espérance d’une aide secourable d’Haïti et d’ailleurs. Je suis bien contente que des gens d’ici aient donné à des gens de là-bas. Mais je ne m’illusionne pas : l’aide apportée est encore très loin de suffire aux besoins les plus essentiels de ces populations.

Un ami haïtien m’a dit que ce genre d’aide éveille en lui l’idée d’un monde solidaire, une idée que j’aime profondément moi aussi. Malheureusement, on en est loin.

Générosité et solidarité : est-ce du pareil au même ? Le philosophe André Comte-Sponville m’a aidée à y réfléchir en distinguant ces deux notions qui ont en commun de prendre en compte les intérêts de l’autre. Pourtant, même si on les confond souvent et qu’elles peuvent aller de pair, générosité et solidarité, ce n’est pas tout à fait la même chose.

La générosité, c’est très bien

La générosité, dit Comte-Sponville, c’est la vertu du don, c’est prendre en compte les intérêts de l’autre et lui faire du bien de manière désintéressée, sans chercher à se faire du bien à soi-même. Ici, on ne parle pas de donner des cadeaux de Noël à ceux qu’on aime, mais de donner à ceux avec qui, apparemment, on ne partage pas d’intérêt objectif. Fondamentalement, le généreux donne parce qu’il est sensible au besoin de l’autre.

C’est pourquoi la générosité est moralement louable. Mais elle ne suffit pas pour bâtir un monde plus juste. Tout simplement parce que, relevant essentiellement de la sphère privée, elle ne fait effet qu’un geste à la fois. Le constat est désolant, mais implacable : la générosité n’est pas venue et ne viendra jamais à bout de la misère.

Ce constat n’enlève rien au geste admirable des généreux qui, comme le suggère le philosophe, vainquent leur petitesse, leur égoïsme, leur avidité ou leur peur et agissent librement en donnant temps et argent pour faire du bien à autrui.

La solidarité, c’est encore mieux

La solidarité, c’est différent. Agir de manière solidaire, c’est prendre en compte les intérêts de l’autre, oui, mais pourvu qu’ils soient partagés avec les miens. C’est donc se reconnaître un intérêt commun avec les autres et se faire du bien mutuellement, ensemble, de manière intelligente et organisée.

À l’échelle de la région et du pays, dans une certaine mesure, on le comprend lorsque, par exemple, on achète local, on paye sa juste part d’impôt, on se syndique ou on respecte les mesures sanitaires. Quand Comte-Sponville parle de l’assurance maladie comme un des plus fantastiques progrès sociaux des dernières décennies, je me rappelle le soulagement de mon père à l’idée qu’il n’aurait pas à payer la facture de l’hôpital pour la naissance de son Xe enfant. Ces temps-ci, on est en train de comprendre notre intérêt collectif à investir dans des services de garde à la petite enfance accessibles et de qualité. Comme Québécois et Canadiens, on le sait d’expérience : le véritable progrès socioéconomique va dans le sens de la solidarité, pas du « chacun pour soi ».

Sur le plan mondial, il semble beaucoup plus difficile d’agir sur la foi de nos intérêts convergents, en premier lieu faute de les reconnaître. Pourtant, la plupart des défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés passent par là. Sans doute l’a-t-on un peu mieux compris, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, en ce qui a trait à la paix et à la sécurité internationales. Peut-être progresse-t-on un peu (mais si lentement) devant l’urgence environnementale ; on le sait pourtant : si les habitants de cette planète viennent un jour à bout de la crise climatique, c’est qu’ils auront enfin compris leur intérêt à agir solidairement. Sur le plan sanitaire, si on y réfléchit un peu, on se rend vite compte qu’on viendra plus rapidement et plus efficacement à bout de la pandémie qui nous afflige si on agit solidairement avec les autres pays du monde. Qu’on se le dise : le Canada n’offre pas des vaccins aux pays défavorisés par pure générosité, mais parce que c’est notre intérêt d’empêcher l’émergence de variants comme Omicron dans les différents coins du monde. Sur le plan du développement humain, malheureusement, le progrès s’annonce beaucoup plus difficile, en dépit qu’on ne puisse plus ignorer les conditions de vie difficiles de gens dans différents coins du monde, comme en Haïti. L’équité et la justice sociale commandent pourtant qu’on se soucie des défavorisés, à l’échelle mondiale comme à l’échelle nationale.

Ce qui est sûr, c’est que la solidarité se révèle beaucoup plus efficace que la générosité pour bâtir un monde plus juste, moins inégalitaire, plus progressiste. Avec des solutions solidaires aux problèmes, on peut aller beaucoup plus loin et plus durablement. C’est la solidarité, et pas la générosité, qui nous fait avancer socialement et économiquement. C’est pourquoi elle est indispensable.

Pour bâtir le monde solidaire dont rêve mon ami haïtien et qui nous inspire, mobilisons-nous pour contrer la polarisation des citoyens sur la base de petits intérêts particuliers et travaillons plutôt à faire émerger de larges intérêts convergents. On a tout intérêt à comprendre notre interdépendance, ce qui nous unit, pas ce qui nous divise. En agissant dans l’intérêt des autres, on agit en même temps dans son propre intérêt. La pandémie nous en donne une bonne leçon.

P. S. N’hésitons pas à être généreux dans une campagne de solidarité pour l’avancement d’une cause. Généreux et solidaire sont des mots qui vont très bien ensemble.

Publié par : Yvonne Langford | 24 octobre 2021

Enfin la rentrée au Collège Saint-Jean !

Chères bienfaitrices,
Chers bienfaiteurs,

Bonne nouvelle des Cayes ! Une rentrée progressive est en cours au Collège Saint-Jean. Après les enfants du primaire rentrés le 12 octobre, ce sont les jeunes du secondaire qui ont amorcé leur année scolaire la semaine dernière. Imaginez la joie des enfants – qui demandaient à retourner à l’école -, de leurs parents et de toute l’équipe ! L’horaire maximise les espaces d’accueil disponibles actuellement. Il reste encore à recevoir les tout-petits du jardin d’enfants, dont l’accueil est prévu au début novembre.

Jean François Printemps, directeur du collège, a travaillé d’arrache-pied avec son équipe à préparer cette rentrée. D’importants travaux ont été réalisés, soit la démolition d’une bonne partie du bâtiment, le déblaiement des espaces et la construction d’une partie des hangars qui accueillent temporairement des classes. Il était aussi indispensable d’offrir aux élèves un accompagnement psychosocial leur permettant de surmonter le traumatisme du séisme du 14 août dernier.

Pour les aider à y arriver, nous leur avons transféré 14 870 $. À notre connaissance, les anciens et les amis du Collège Saint-Jean ont aussi organisé une levée de fonds qui a procuré des moyens bienvenus pour la réalisation des travaux les plus urgents.

Nos amis du Collège Saint-Jean auront besoin d’autres moyens pour réaliser d’importants travaux. À court terme, il s’agit de réparer le bâtiment resté debout en le consolidant avec des joints parasismiques et d’ajouter des hangars. À moyen terme, il faut envisager la reconstruction du collège.

Comme vous l’imaginez, après le grand malheur du tremblement de terre, le climat d’insécurité et la crise sans précédent qui sévissent en Haïti compliquent leur travail et détériorent les conditions de vie des Haïtiens et des Haïtiennes. Notamment, les gangs violents qui contrôlent une partie de la capitale Port-au-Prince et qui terrorisent la population bloquent les voies vers le Sud, où se trouve la ville des Cayes.

Sachez qu’il est toujours possible de donner. Tous les dons reçus seront remis intégralement au Collège Saint-Jean.

Merci !

Publié par : Yvonne Langford | 11 septembre 2021

Grâce à vous, une aide secourable substantielle au Collège Saint-Jean

Quelle belle levée de fonds au bénéfice du Collège Saint-Jean ! Un grand merci !

DES RÉSULTATS REMARQUABLES

En date d’aujourd’hui :  13 548 $ ont été récoltés, soit un peu plus du double de l’objectif du départ (6 500 $).

En tout, 178 personnes ont donné, sur la plate-forme de sociofinancement GoFundMe ou autrement (transfert Interac, argent comptant ou chèque).

NOS SINCÈRES REMERCIEMENTS

D’abord ceux des frères Printemps :

« Ce qui est en train de se passer autour de la levée grâce à ton dévouement et à l’implication des membres de ta famille, de tes amis, de tes voisins, de tes collègues et d’autres complices est plus que formidable. Les mots ne suffisent pas pour vous remercier! »

« Je te renouvelle mes remerciements pour la sympathie et la générosité. Mes remerciements vont aussi à tous ceux qui t’épaulent dans l’initiative de la collecte et dans cette nouvelle expérience que nous sommes en train de vivre. C’est très encourageant pour nous et pour Jean-François d’une manière toute particulière. Nous avons une pensée spéciale pour chacun et chacune de nos bienfaiteurs et bienfaitrices. » 

À mon tour, je tiens à vous remercier chaleureusement, vous qui avez contribué au succès de cette levée de fonds.

D’abord à vous, les donateurs, merci ! Sachez que chaque don fait une différence.

Ensuite, à vous que M. Printemps appelle mes « complices », qui m’avez fait bénéficier de votre expérience et de vos contacts, qui avez donné l’impulsion de départ ou qui, de toutes sortes de manières, avez encouragé des gens à contribuer, merci !

Merci aussi aux médias locaux et aux autorités qui, en portant mon message auprès de la population, ont été de vrais partenaires de l’opération.

C’est grâce à vous tous et toutes que cette levée de fonds a connu un tel succès.

UNE LEÇON DE GÉNÉROSITÉ

Au-delà de l’argent amassé, cette levée de fonds m’a permis de rencontrer des gens au grand cœur et d’entendre des messages qui m’ont fait du bien comme à mes amis haïtiens. Je vous en livre quelques-uns.

L’idée de « Donner au suivant » (ou à son prochain) rejoint beaucoup une amie. Je la comprends quand elle parle du bien que lui fait de donner à des gens qui ont besoin ou pour des nobles causes. Dans le même ordre d’idée, Carmen à Mélem se rappelait que sa mère leur répétait souvent cette belle phrase :  « Petite aide fait grand bien. » C’est vrai que donner, c’est refuser de vivre dans un monde où c’est chacun pour soi, pour son petit groupe. Donner, c’est plutôt agir pour concrétiser la vision d’un monde où on est conscient des autres, où on coopère, où on s’aide les uns les autres.

Un autre m’a dit :  L’aide est toujours une chaîne. » C’est bien vrai. Donner implique toujours la confiance entre les gens. Cette fois-ci, vous avez saisi cette occasion d’aider directement des gens moins chanceux en donnant à quelqu’un à qui vous faites confiance, en l’occurrence moi, parce que j’entretiens des liens de confiance avec des gens sur le terrain. Pour ça aussi, je vous remercie.

Plusieurs d’entre vous m’avez dit que vous vous sentez proches des Haïtiens et des Haïtiennes, pour toutes sortes de raisons ou d’expériences, dans toutes sortes de contextes et de situations. Cette relation spéciale avec le peuple haïtien, je la sens aussi, depuis très longtemps.

Une enseignante à la retraite me rappelait aussi que les Haïtiens accordent beaucoup de valeur à l’éducation, souvent, pour beaucoup d’entre eux, la seule façon d’espérer améliorer leur sort. D’un point de vue plus collectif, Maxime Arseneau écrivait « Encourager l’éducation, c’est le début de toutes les solutions. »

J’ai porté vos sympathiques messages à mes amis haïtiens, ce qui leur a fait grand bien.

J’ai retenu de votre élan secourable ces mots d’un philosophe qui dit de la générosité qu’elle touche à la liberté, que c’est la conscience d’être libre jointe à la résolution d’en bien user. Sans condescendance, suis-je tentée d’ajouter. « Cela suppose qu’on vainque en soi tout ce qui n’est pas libre :  sa propre petitesse, sa propre avidité, sa propre peur, enfin la plupart de ses passions (…) pour ne plus s’occuper que du bien qu’on peut faire à autrui. » C’est le contraire de l’égoïsme et de la lâcheté, conclut André Comte-Sponville.

REMETTRE EN ÉTAT LE COLLÈGE SAINT-JEAN, UNE ÉTAPE À LA FOIS

Jean-François Printemps, directeur du collège, en a lourd sur les épaules. Pourtant, un jour à la fois (oui oui, en Haïti aussi, ils chantent cette chanson bien connue des Québécois, et qui prend un sens bien particulier pour eux ces temps-ci), avec un plan structuré en tête, il avance, une étape après l’autre.

OBJECTIF :

Rendre possible la rentrée très prochaine (prévue pour le 5 octobre) des 1 100 élèves de la prématernelle à la fin du secondaire

LES ÉTAPES FRANCHIES :

  • Expertise du bâtiment pour une évaluation des dommages et de la solidité des structures encore debout
  • Démolition d’une grande partie du Collège, soit 1 265 m2 (soit 9 salles de classe, le laboratoire, la direction, le secrétariat, la salle des enseignants, la salle d’attente, le réfectoire, la chapelle, les sanitaires et les points d’eau)
  • Déblayage des gravats issus du tremblement de terre et des travaux de démolition et nettoyage des espaces du collège
  • Appel aux anciens du collège (en activité depuis 51 ans), qui restent très attachés à l’institution, pour une levée de fonds. Jean-François est convaincu que les efforts de relèvement et de reconstruction doivent d’abord venir des anciens et des anciennes, des Haïtiens et des Haïtiennes.

https://lenouvelliste.com/article/231406/college-saint-jean-ecole-dexcellence-appelle-au-secours?fbclid=IwAR0WPzIQi7vb0OkiaOuM_T4C29CZF2JpZhBppR0MG48kDFu5tPDv5oRBbWg

LES ÉTAPES À VENIR

À court terme :

  • Achat des matériaux et construction de hangars pour accueillir les enfants dans 20 salles de classes temporaires, indispensables à la prochaine rentrée – les ingénieurs évaluent le coût de chaque salle de classe temporaire à 3 821 USD, soit 4 849 $ canadiens
  • Réparations les plus urgentes dans la partie encore debout (selon les recommandations des ingénieurs, avant de les utiliser, 11 salles doivent être consolidées avec des joints parasismiques)
  • Remplacement du matériel et des équipements essentiels pour la remise en activité du collège (ordinateurs –ouvrages, planches pédagogiques, cahiers, etc.) en grande partie abimé
  • Accompagnement psychosocial aux enfants les plus affectés par le séisme

À moyen terme :

  • Élaboration d’un plan de reconstruction du Collège Saint-Jean
  • Levée des fonds pour y arriver
  • Reconstruction du collège (qu’il prévoit dans 4 à 5 ans)
  • Suite de l’acquisition du mobilier, des équipements et du matériel pédagogique

AUTOUR DU COLLÈGE

Au-delà des défis du Collège, la situation dans laquelle se retrouvent les populations de la région complique aussi le retour à l’école. Notamment, les gens souffrent de la perte de moyens de subsistance, de problèmes d’alimentation en eau potable, de l’aggravation de la pénurie alimentaire et, en cette saison pluvieuse, de manque d’abris. Dans ce contexte plus que préoccupant, il devient plus difficile pour bien des familles de réunir les conditions pour envoyer leurs enfants à l’école, alors que les élèves manifestent un grand désir d’y retourner.

Étant donné cet état de situation, vous comprendrez que l’argent récolté ici est loin de suffire à tous les besoins du Collège Saint-Jean, mais que notre contribution est significative et essentielle pour permettre de réaliser une partie des travaux à réaliser à très court terme pour permettre la rentrée des enfants à l’école.

ENCORE POSSIBLE DE DONNER

Si vous voulez donner ou si vous connaissez des gens qui veulent donner, c’est toujours possible – tous les dons seront acceptés :

  • Sur la plate-forme GoFundMe https://gofund.me/e9c0101b
  • Grâce à un virement Interac, un chèque ou un don en argent comptant, en me contactant directement :
    • Sur mon cellulaire :  418 937 6190
    • Via Messenger, la messagerie de Facebook
    • À la maison, au 168, chemin du Cap-Rouge, à Havre-aux-Maisons
    • Au Cégep – Campus des Îles, auprès de Sandra Jomphe, à l’accueil

Chaque dollar amassé sera envoyé directement et utilisé au bénéfice du Collège Saint-Jean.

Publié par : Yvonne Langford | 26 août 2021

Grâce à vous, une belle vague de soutien financier et moral

Chers sympathisants du sort des Haïtiennes et des Haïtiens,

Quelle joie ! Je viens d’écrire aux frères Printemps pour leur faire savoir que nous avons allégrement dépassé les 10 000 $ en dons récoltés pour cette levée de fonds, soit 9 554 $ sur le site de sociofinancement et 1 625 $ en dons recueillis autrement. Une somme de 11 179 $ à l’heure qu’il est.

Je leur transmets aussi les messages que vous exprimez à leur endroit, à l’endroit du Collège Saint-Jean comme pour tout le peuple haïtien. Je leur assure que notre petite communauté des Îles-de-la-Madeleine, peu populeuse et loin d’être parmi les plus riches du Canada, est tissée serrée et faite de gens au cœur large, qui ont le sens de l’autre, de la famille et de la solidarité au quotidien. Il y a aussi plein d’autres gens animés pareillement qui se joignent à nous, de la Gaspésie, d’ailleurs au Québec et dans le monde.

Ils le voient bien ! Dans l’océan de souffrances qui les entoure, ce n’est pas si énorme. Dans le secours que cela leur apporte, c’est considérable, au plan financier et comme soutien moral. Dans les échanges que nous avons, je sens très bien que cette vague de solidarité en provenance des Îles, de la Gaspésie et d’ailleurs les émerveille, les touche beaucoup et les encourage énormément (lire le texte intitulé « Des nouvelles d’Haïti »).

J’ambitionne maintenant de doubler notre objectif de départ. Que diriez-vous qu’ensemble, on se rende à 13 000 $. C’est le prochain palier dans ma mire.

Chaque don fait la différence.

Alors, si vous en aviez l’intention, mais que vous avez mis en oubli de donner, je vous encourage à le faire maintenant.

Si vous connaissez des gens autour de vous qui aimeraient donner mais qui ne savent pas trop comment faire, je vous encourage à les aider (voir moyens possibles au bas du premier texte de mon blogue : https://yvonnelangford.com/ ).

Si vous êtes déjà embarqué dans cette belle histoire, encore merci !

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