Publié par : Yvonne Langford | 1 avril 2017

Imaginer l’été

 

Cet hiver n’aura pas de fin

Je ne sais plus le compte des jours ni des gestes

Dans l’entrée, dans le garde-robe et dans le coffre

Edens des tuques, des mitaines, des manteaux et des bottes

Ils sont tous là, encore utiles, nécessaires

J’attends de voir l’asphalte, l’herbe, de les sentir chauffés au soleil

Que mon vélo et la plage m’appellent

D’être gorgée de soleil et de vagues

Je vis encore à l’intérieur, de l’autre côté de la vitre

Depuis toujours, il me semble

J’imagine la chaleur

L’ai-je déjà connue

Jamais les froids ne se termineront

 

(Écrit un jour d’avril, alors que j’en avais marre de l’hiver, sans prétention, comme un jeu de miroir avec le poème d’Aragon Imaginer l’hiver.)

Publié par : Yvonne Langford | 16 août 2016

Hugo Barrette, athlète olympique !

Havre-aux-Maisons, le 16 août 2016

Cher Hugo,

Tout à l’heure, en prenant ma marche, comme souvent ces derniers jours, j’ai pensé à toi. Hier soir, je me suis demandé « Comment arrivera-t-il à s’endormir, sachant que son épreuve se déroule demain ? » En me réveillant ce matin, ma première pensée est allée pour toi : « A-t-il eu une bonne nuit ? » D’autres m’ont dit qu’ils avaient eu les mêmes pensées. Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres Madelinots, Québécois et Canadiens, j’ai suivi ta performance, des papillons dans l’estomac. Constatant que tu ne te qualifiais pas pour les demi-finales, je me suis dit « J’espère que ce résultat ne gâchera pas ses jeux ». You dit it, Hugo ! Comme une femme qui se dit, tout juste après avoir donné naissance à son premier enfant : « Je suis maman », aujourd’hui, tu as fait les Olympiques ! Comme j’entendais ta sœur le dire très justement, pour toujours, tu es un athlète olympique ; personne ne pourra jamais t’enlever ça.

Cette réalisation personnelle exceptionnelle pour tous ceux qui la mènent à bien l’est un peu plus pour toi. Grandir aux Îles-de-la-Madeleine, c’est formidable, c’est vrai. Mais à l’évidence, pour celui ou celle qui nourrit le rêve de devenir un athlète de haut niveau, cela implique de surmonter quelques obstacles de plus. Se développer comme athlète sérieux dans un sport à partir de l’âge de 17 ans, c’est un tour de force. En plus, pour réussir ça, le jeune doit s’exiler… Ça coûte souvent pas mal plus cher aux parents… Il faut en faire, des sacrifices ! Il a fallu que tu tiennes très fort à ce rêve devenu projet, objectif et aujourd’hui accomplissement.

Dans une entrevue qu’il a donnée récemment à l’occasion de la parution de son livre, Stéphane Garneau identifiait quelques caractéristiques des grands athlètes : déterminés, engagés, résilients, qui carburent au défi et au dépassement de soi, non seulement dans le sport, mais dans l’ensemble de leur vie, qui s’attaquent à toutes les tâches avec la même intensité. Ces qualités, tu les incarnes parfaitement, comme l’idéal olympique, exprimé par la devise « Plus vite, plus haut, plus fort », si inspirant pour le commun des mortels que nous sommes.

Dans quelques jours, les caméras et les micros vont s’éteindre. Toi, jour après jour, tu vas continuer de te dépasser, de fournir l’effort supplémentaire, de pousser plus fort. Je sais que tu as d’autres rêves, Hugo. Avec beaucoup, beaucoup d’autres supporteurs, je serai derrière toi. Go, Hugo !

Publié par : Yvonne Langford | 12 mars 2016

Haro sur le mépris des pêcheurs

Ce qui m’achale dans le débat actuellement en cours dans le monde de la pêche côtière aux Îles, c’est le mépris affiché par les « appimistes » pour les pêcheurs. Ces derniers mois, dans le Bearing (le journal interne de l’APPIM), sur les ondes de CFIM et de Radio-Canada et sur les pages Facebook de supporteurs(euses) du point de vue de l’APPIM, j’ai lu et entendu que les pêcheurs ne comprendraient pas les enjeux en cause et qu’ils n’auraient pas conscience de ce qu’ils font. La palme revient à M. Léonard Poirier, directeur de l’APPÎM, quand il a affirmé sur les ondes de CFIM le 24 février 2016 que les causes de la désaffection de l’APPIM par les pêcheurs et le succès du Rassemblement seraient « du côté de la communication ou du côté de la compréhension, de la capacité de comprendre » des pêcheurs. À travers les propos de ces appimistes, on comprend que ces pêcheurs ne sauraient pas ce qu’ils font quand ils prennent une décision individuelle ou collective, par exemple quand ils signent une pétition ou quand ils décident d’adhérer à un mouvement. Et plutôt que d’être représentés par les gens du Rassemblement dûment mandatés pour exprimer leur point de vue (sur le journal de bord, sur l’Office, etc.), ils seraient manipulés, abusés par ces derniers, encore une fois suivant cette même logique selon laquelle ils seraient facilement influençables. Quel mépris !

Faudrait-il comprendre que ces appimistes auraient pris plein de décisions au-dessus de la tête des pêcheurs pour leur bien, même au détriment des pêcheurs eux-mêmes ? Que c’est parce que les pêcheurs ne seraient pas capables de comprendre les enjeux qu’il leur faudrait les défendre malgré eux, en allant à l’encontre leur point de vue ? Comment accepter que ces gens-là aillent à l’encontre des positions et des décisions de ces pêcheurs en prétendant représenter leurs intérêts mieux que les pêcheurs ne le font par eux-mêmes pour eux-mêmes ? Quelle condescendance ! Quelle absurdité !

Cette attitude méprisante me met en colère. Je m’étonne d’ailleurs que les journalistes eux-mêmes n’aient pas réagi illico à ces déclarations fracassantes. Ça va faire de tirer sur le pêcheur supposément ignorant ! Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés à l’école aussi longtemps que d’autres qu’ils n’ont pas la capacité de réfléchir et de décider ce qui est bon pour eux. (On sait d’ailleurs très bien que l’intelligence n’est pas directement proportionnelle au temps passé sur les bancs d’école.) Il faut que nos pêcheurs sachent que lorsqu’ils ne comprennent pas le propos qu’on leur sert, ce n’est pas parce qu’il contient un ou deux mots dont ils ne comprennent pas le sens. C’est tout simplement parce que le propos lui-même n’est pas clair, pas comprenable. Si des gens veulent que les pêcheurs comprennent leur point de vue, à eux de s’organiser pour se faire comprendre. C’est une règle de base en communication que de s’adapter à son public cible. C’est aussi simple que ça.

Il n’y a qu’à écouter les pêcheurs pour comprendre qu’ils savent très bien ce qu’ils font. Ils sont les experts de leur métier de pêcheur de homard. Ils ont une tête sur les épaules. Ils sont intelligents en soi et ils sont brillants dans leur façon de pratiquer leur métier, leur gagne-pain. Chaque fois que je vais à la pêche, je suis émerveillée par la grande intelligence de leurs gestes, de leurs décisions, de leurs propos. Ils connaissent la mer, la nature, les fonds de pêche, la ressource, la météo, les engins, la mécanique… Ça ne les empêche pas de comprendre les enjeux du prix, de la mise en marché, de la gestion des pêches ou de toute autre question touchant la pêche au homard. Au contraire, leur point de vue est incontournable et irremplaçable. Par exemple, ils sont en masse capables de réfléchir aux questions touchant la protection de la ressource et de prendre les bonnes décisions pour la durabilité de la ressource qui les fait vivre et qui fera vivre leurs descendants. Ils l’ont maintes fois fait et prouvé. Qu’on arrête de les prendre pour une bande d’innocents et qu’on les respecte pour ce qu’ils sont et pour leur capacité à savoir où est leur propre intérêt. Ils savent très bien ce qu’ils pensent du journal de bord, de la gestion de l’Office et de toutes les questions entourant la pêche côtière. Et comme on l’a vu ces derniers mois, ils sont capables de s’organiser pour le faire valoir.

J’appelle les gens des Îles à écouter et à respecter ce que les pêcheurs ont à dire. C’est à eux seuls de décider où résident leurs intérêts et de déterminer comment ils entendent en faire la promotion. Personne d’autre n’a le droit de le faire à leur place. Quand ils décident de se regrouper dans une nouvelle association, ici le Rassemblement des pêcheurs et des pêcheuses des côtes des Îles, et que ce rassemblement regroupe la grande majorité des pêcheurs de homard des Îles, les représentants qu’ils ont mandatés expriment leur point de vue collectif. Qu’on s’enlève de la tête qu’ils ne savent pas ce qu’ils font et qu’ils sont manipulés et qu’on ramène au plus sacrant le débat sur les vrais enjeux. On n’est pas obligé d’être d’accord avec eux, mais qu’on cesse d’attaquer leurs points de vue en prétendant qu’ils ne comprendraient pas ce qui se passe.

Avec ce Rassemblement, on assiste à une reprise en main par les pêcheurs de leurs affaires, y compris des organismes qui les représentent, incluant l’Office qui gère le Plan conjoint, dont ils étaient depuis trop longtemps écartés par une gestion qui prenait des décisions au-dessus de leur tête. Ça fait longtemps que les pêcheurs ne s’étaient pas donné une voix aussi forte et unie. Ça se pourrait qu’ils aient encore pas mal de choses à dire. On n’a pas fini de les entendre ! C’est tant mieux !

À bon entendeur, salut !

***

Pour l’essentiel, j’ai publié ce point de vue sur ma page Facebook en reprenant la réplique publiée par Félix Cormier à un statut Facebook publié par Annie Landry affirmant que le Rassemblement trompait les pêcheurs. À ma connaissance, c’est la deuxième fois en quelques jours que madame Landry supprime un de ses statuts Facebook sur le sujet qui provoquait les réactions de ceux qui n’avaient pas le même point de vue qu’elle. Une des règles du débat, n’est-ce pas d’écouter celui qui n’a pas la même opinion que nous, de lui permettre de l’exprimer ?  /  Après vérification, il est plus probable que madame Landry nous ait interdit l’accès à sa page Facebook, à Félix et moi, ce qui a eu pour effet de supprimer son post que nous avions partagé sur notre propre page.

Publié par : Yvonne Langford | 9 février 2016

Litanie des tempêtes

En ce jour de tempête, je ressors de mes tiroirs ce texte écrit en 2014.

* * *

Avoir le nez plus souvent dans la fenêtre que sur l’écran de son ordinateur pour tenter de voir arriver la tempête annoncée.

Tenter sans succès de dompter son esprit, malgré l’onde de tempête qui fait son effet, sur soi comme sur les autres.

Voir la neige et le vent arriver par deux, en folie, comme larrons en foire.

Sentir l’excitation monter au rythme de la nature qui se déchaîne.

Résister jusqu’à la dernière minute à l’ordre de partir. Le Cégep ferme.

Avancer dans la poudre blanche, sans savoir où l’on est, où l’on va, ce qu’il y a devant.

Se guider sur les poteaux, les fils d’électricité et les lignes sur l’asphalte, quand on les aperçoit.

Écouter la radio pour se rendre compte que c’est une bonne, une vraie, que tout est fermé, et que ça va durer.

Se jurer que c’est la dernière fois qu’on prend son char pour rentrer à la maison par une tempête de même.

Se donner de l’air pour fourrer son char dans la cour enneigée de la maison.

Rentrer dans la maison en enjambant les coteaux à travers les bourrasques.

Soupirer de soulagement après que la rafale eut refermé la porte derrière soi avec fracas.

Constater qu’à la maison, on n’a pas d’électricité.

Regarder par les chassis pour se rendre compte qu’on ne voit ni ciel, ni terre, ni les maisons des voisins, ni le chemin en face de la maison.

Mesurer ce qu’on aura à pelleter, quand la tempête sera finie.

Appeler les proches pour s’assurer que tout le monde est en sécurité.

Se rendre compte qu’on ne peut pas faire comme si rien n’était, dehors.

Constater que tout est différent, dedans comme dehors.

Se réjouir de cette journée donnée, dont on ne sait pas encore quoi faire.

Aimer les tempêtes, comme des cadeaux toujours bienvenus.

 

 

Publié par : Yvonne Langford | 29 novembre 2014

L’ici et l’ailleurs

Être chez soi, c’est savoir quand arrivent les loups-marins, quand fleurissent les iris versicolores et mûrissent les bleuets.
Être chez soi, c’est savoir avec précision où se trouvent les fraises les plus «bedouses» et les meilleures palourdes.
Être chez soi, c’est savoir où aller pour que, ce jour-là, avec le temps qu’il fait, on se baigne dans la mer la plus chaude et la plus claire.
Être chez soi, c’est connaître le chemin le plus court entre la côte et la maison, sans crainte de s’enliser dans les terres marécageuses.
Être chez soi, c’est savoir par quel flanc monter la butte pour se ménager les efforts et s’assurer la plus belle vue.
Être chez soi, c’est bien vivre avec tout ce vent.
Être chez soi, c’est avoir l’étalon du temps qui passe inscrit dans le paysage, c’est savoir où passait le chemin de jadis, d’où vient la maison d’en face et jusqu’où allait le champ de patates du voisin, c’est voir de ses yeux vus les bâtiments aujourd’hui disparus.
Être chez soi, c’est bien vivre la panne d’électricité et l’immobilité des jours de tempête.
Être chez soi, c’est connaître les liens qui relient les maisons entre elles, par les filiations, d’Augustin à John, de Fred à Philippe, d’Isaac à Jos…
Être chez soi, c’est connaître non seulement le nom du garagiste, mais aussi celui de ses frères et sœurs, de ses enfants, de son père, de sa mère et de toute sa parenté, des deux bords.
Être chez soi, c’est voir son vieux père soigné par une infirmière qui le connaît bien, une fille qu’on a connue à la petite école.
Être chez soi, c’est reconnaître les gens de son île, même ceux qu’on ne connaît pas, quand on les voit ailleurs, sur l’avion, sur le bateau ou n’importe où sur la grande terre, et immanquablement jaser avec eux.

Attachée à ma terre d’origine par l’espace et le temps, je deviendrai femme flottante. J’invoquerai mon amour inconditionnel de l’île natale et le mettrai dans mon sac à dos pour avoir le courage de quitter. Je trouverai dans mon sentiment d’être chez moi l’énergie d’aller voir ailleurs. Je jubilerai à l’idée de partir, sachant que le bonheur de revenir sera toujours là, quand je serai prête à donner tout ce que j’aurai vu pour un coucher de soleil sur la Petite Baie. Je porterai mon île partout où j’irai ; elle m’aidera à comprendre l’ailleurs. Je reviendrai. Je reprendrai le fil de ma vie en me réinscrivant avec bonheur dans ce lieu qui m’est plus familier que tout. Je n’ai pas à choisir entre l’ici ou l’ailleurs. Ailleurs, je suis d’ici.

(J’ai écrit ce texte comme en écho au propos de Jean-Claude Guillebaud dans son livre intitulé « Je n’ai plus peur », plus particulièrement dans son chapitre intitulé « Rassurant comme une maison ».)
Publié par : Yvonne Langford | 1 avril 2014

Je bloguais, je ne blogue pas, je bloguerai

Chers lecteurs, chères lectrices,

Peut-être aurez-vous remarqué que, depuis plusieurs mois, mon blogue est à peu près silencieux. C’est que le projet de développement international auquel je travaille depuis un peu plus d’un an me tient très occupée. En effet, mes séjours en Afrique conjugués à mon travail et à mes autres occupations ne me laissent pas beaucoup de temps pour publier de nouveaux articles. Ce n’est pas l’inspiration qui manque ;  seulement le temps. Croyez bien que je compte y revenir dès que mon emploi du temps me le permettra.

À bientôt.

 

Publié par : Yvonne Langford | 8 octobre 2013

J’appuie Jonathan Lapierre

Dans l’élection à la mairie des Îles-de-la-Madeleine du 3 novembre prochain, je donne mon appui à Jonathan Lapierre. Tout simplement parce que, des cinq candidats en lice, c’est en lui que j’ai le plus confiance.

  • parce qu’il a une énergie positive
  • parce qu’il est passionné par la politique, par le fait de se mettre au service de sa communauté
  • parce qu’il a à la fois la jeunesse et l’expérience (huit ans comme conseiller)
  • parce qu’il veut apporter des changements à la façon de travailler au conseil municipal qui vont faire une belle différence
  • parce qu’il saura faire une meilleure place aux conseillers municipaux et obtenir un conseil plus uni
  • parce qu’il est le plus capable d’inspirer positivement la direction et les employés de la municipalité
  • parce qu’il a une attitude constructive
  • parce qu’il est près du monde
  • parce qu’il est à l’écoute des gens de tous les milieux, des pêcheurs, des gens d’affaires, des travailleurs, des chômeurs, des groupes du milieu et des gens dans les différents secteurs
  • parce que, quand il le faut, il est capable de mettre la main à la pâte
  • parce que, comme conseiller de Grande-Entrée, il a montré qu’il a du leadership, qu’il est capable de mobiliser son monde et de garder son équipe avec lui pour atteindre un objectif
  • parce qu’il a du cran, de la détermination
  • parce que son travail dynamique et ses réalisations des huit dernières années montrent qu’il est capable de réalisations concrètes

Voilà un changement à la mairie qui va faire du bien.

Jonathan Lapierre a mon appui. Je vous encourage à aller à sa rencontre, à discuter avec lui et à l’appuyer à votre tour.

Pour suivre sa campagne, cliquez « j’aime » sur sa page Facebook.

Publié par : Yvonne Langford | 27 septembre 2013

Pour un leadership municipal qui inspire la confiance

Je m’inquiète des problèmes sérieux qui affligent actuellement la Municipalité des Îles, problèmes qui ne lui permettent pas de fonctionner comme il se devrait. On doit donner un sérieux coup de barre pour redresser la situation et enfin bâtir l’organisation municipale dont la société madelinienne a besoin pour progresser. J’invite les citoyens à saisir l’occasion de l’élection du 3 novembre prochain pour renouveler le leadership municipal.

 

UNE MUNICIPALITÉ « QUI POURRAIT ALLER MIEUX »

Depuis sa création en 2002, notre municipalité a traversé de grandes difficultés. À peine l’intégration du personnel des anciennes municipalités dans la nouvelle structure a-t-elle été complétée que le premier conseil municipal a été mobilisé par une menace de défusion. Lorsqu’en 2005, Joël Arseneau arrive à la mairie des Îles, tous ces problèmes de fusion-défusion-refusion sont enfin réglés à la faveur d’une municipalité qui, somme toute, s’en sort avec des dommages mineurs. Dès lors, on pouvait espérer que la Municipalité des Îles se réalise enfin. Pouvait venir le temps où certaines décisions, retardées à cause de tous ces aléas, pourraient enfin être prises. Après les tâtonnements inévitables liés à la fois à une nouvelle organisation et à l’incertitude, la fonction publique municipale allait pouvoir gagner en efficacité et en professionnalisme. On pouvait espérer une municipalité capable d’unir ses forces et sa population pour progresser. Huit ans après, force est de constater que la Municipalité des Îles est mal en point.

 Un grave manque de confiance

La Municipalité souffre d’une grave crise de confiance de la population à son égard. Ce discrédit s’est considérablement aggravé depuis qu’il fut reconnu que le maire gardait dans son compte personnel d’importantes sommes d’argent qu’il devait à la municipalité. Le maire a poussé l’outrage jusqu’à reprocher publiquement aux responsables de la surveillance des dépenses publiques, réclamant l’argent dû, d’avoir, dans le cadre de leurs responsabilités, agi. Cela n’a pu qu’ébranler considérablement le lien de confiance qui doit exister entre les élus et l’appareil municipal, et entre l’institution municipale elle-même et la population. Interpréter toute plainte ou critique de son comportement comme des attaques personnelles vicieuses, se présenter en victime et blâmer qui que ce soit d’autre que lui-même pour les dommages et les coûts engendrés par cette affaire, c’est ne chercher qu’à échapper à sa responsabilité personnelle et à sauver la face. C’est faire preuve non seulement d’un manque de jugement, mais surtout d’un manque d’intégrité doublé d’une absence du sens des responsabilités publiques. Cela ne peut mériter la confiance de la population.

Cette crise de confiance des citoyens se manifeste de toutes sortes de manières : dans les commentaires acerbes et cyniques qui dénigrent le maire, mais aussi, par ricochet, les élus et les travailleurs municipaux, dans les rumeurs et les allégations de toutes sortes qui courent sur l’archipel, dans le sentiment exprimé par un nombre grandissant de citoyens « de ne pas en avoir pour leur argent », dans une forte réaction des citoyens contre plusieurs règlements d’emprunt, etc.

La municipalité est une institution dont les gens des Îles ont besoin plus qu’ailleurs pour construire une communauté forte et en santé. On devrait être en train de bâtir une municipalité pour laquelle les Madelinots ont du respect et dont ils sont fiers. À l’évidence, c’est tout le contraire : cette grave crise de confiance la mine chaque jour un peu plus.

Un conseil municipal dysfonctionnel

Malheureusement, on est encore très loin d’un conseil municipal qui fonctionne pleinement, se montrant capable de développer une vision commune pour la municipalité et de la mettre en oeuvre. Tel que le maire l’a dit lui-même publiquement, l’actuel conseil municipal ne travaille pas en équipe. On en est encore à une fédération de villages, chaque conseiller n’ayant d’autre choix que de tirer sur la couverte pour obtenir le maximum pour son village. Pendant que chaque conseiller se cantonne dans son rôle d’agent de développement de son village, pendant que le maire se complaît à jouer tout seul sur la patinoire du municipal à l’échelle de toutes les Îles, il ne peut naître un conseil municipal capable de placer l’intérêt supérieur des Îles au-dessus de l’intérêt de chacun des villages.  L’absence de décision dans le dossier des arénas illustre bien ce dysfonctionnement.

Une situation difficile pour la fonction publique municipale

Une telle situation ne peut pas être sans impact sur les employés municipaux. Il doit être bien difficile pour eux de faire leur travail. Sans vision d’ensemble pour l’organisation et les services municipaux, ils sont dans le décousu. Chacun fait certes de son mieux, mais à la pièce, dans son coin, sans cohérence, sans cohésion. Ces employés municipaux sont capables de fournir des analyses et des propositions judicieuses, ce pourquoi ils sont payés, mais un conseil municipal qui n’aboutit pas aux décisions à prendre, qui ne fonctionne pas comme il se devrait, cela nuit forcément à leur travail.

À cette situation difficile est venue s’ajouter cette affaire de remboursements impliquant le maire dans laquelle l’administration municipale a été plongée bien malgré elle. Depuis son origine, le maire lui-même, par son comportement, a placé le directeur général de la municipalité en situation de faiblesse, ce qui a affaibli tout l’appareil municipal. En effet, incapable d’obtenir du maire un règlement de la situation avant qu’elle ne dégénère, le directeur général a vu son leadership considérablement fragilisé, ce qui, fatalement, est regrettable pour tout le monde, employés, élus et citoyens.

UN LEADERSHIP À RENOUVELER

Si on veut que la municipalité retrouve le respect et la confiance de la population,  les gens des Îles doivent choisir :

  • un maire qui place l’intérêt de la municipalité au-dessus de tout et qui en est le premier garant;
  • un maire dont l’intégrité et le bon jugement ne font aucun doute;
  • un maire capable d’aller vers les citoyens pour les écouter et leur parler;
  • un maire qui, plutôt que d’être toujours parti, priorise le fait d’être présent aux Îles, à l’hôtel de ville et partout ailleurs sur le territoire où sa présence est requise;
  • un maire rassembleur, qui a le sens du travail d’équipe, respectueux du rôle, du talent et de la contribution de tous et chacun, élus, employés municipaux, partenaires de la communauté, et qui leur laisse de la place;
  • un maire qui met les élus à contribution et qui fait équipe avec eux, de manière à les amener à jouer leur rôle pour l’ensemble des Îles, et non seulement pour leur village. C’est à cette seule condition qu’on verra un conseil municipal envisager non seulement le développement de chacun des villages, mais le développement des Îles dans leur ensemble;
  • un maire et un conseil municipal qui attendent du directeur général qu’il joue son rôle sans complaisance à l’endroit des élus;
  • un maire qui respecte le rôle des employés municipaux et qui laisse les directeurs de services éclairer pleinement les élus et la population, sans chercher à s’accaparer pour lui seul leur contribution et leur expertise;
  • un maire qui priorise l’organisation et la dispensation, avec un maximum d’efficacité, des services municipaux : la voirie, l’aqueduc, le traitement des déchets, les loisirs et l’aménagement du territoire;
  • un maire soucieux de la gestion des deniers publics et respectueux de la capacité de payer d’une communauté de 13 000 habitants.

Les Îles ont besoin d’un leadership renouvelé, qui inspire la confiance et qui amène la municipalité plus loin. Le 3 novembre prochain, je souhaite que les Madelinots et les Madeliniennes aient ce choix de voter afin d’exprimer ce grand besoin de changement dans notre municipalité.

Publié par : Yvonne Langford | 2 juin 2013

Joël Arseneau : une personne acquittée, un maire indigne

Le 1er juin 2013, on a appris que le jury avait jugé Joël Arseneau non coupable des crimes de vol et de fraude dont il était accusé. Précisons que la question que les jurés avaient à trancher n’était pas de savoir si M. Arseneau avait bien ou mal agi, mais si son geste était un crime.  Les jurés n’ayant pas pu, hors de tout doute raisonnable, juger que Joël Arseneau avait des intentions criminelles, celui-ci est acquitté. Voilà pour la personne.

Nous devons toutefois nous garder d’en conclure que cet acquittement donne l’absolution au maire Arseneau. Il faut se rappeler que, lors des premières nouvelles entourant ce dossier, Joël Arseneau disait aux Madelinots que c’était juste une affaire de paperasses et que, puisqu’il avait remboursé, l’affaire était réglée et classée. Aujourd’hui, acquitté, il dit que « c’est une page que l’on tourne, un chapitre que l’on ferme ». Je comprends que le maire souhaite que les citoyens concluent du verdict du jury qu’il n’a rien à se reprocher, mais nous savons bien que c’est là un raccourci abusif et que l’affaire mérite un peu plus d’analyse et de réflexion.

C’est vrai qu’au plan légal, nous n’avons pas à nous substituer au tribunal pour juger Joël Arseneau. Mais sa faute d’homme public ne s’efface pas pour autant. Au contraire. Comme citoyen, comme on le ferait pour tout personnage public, nous avons la responsabilité de juger les gestes et l’attitude du maire Arseneau à la lumière des faits révélés devant la cour de justice. Ces faits nous permettent de constater que le personnage public a commis une grave inconduite.

* * * * *

Les procédures policières et judiciaires auront au moins servi à informer un peu mieux les citoyens sur le fond de l’affaire. L’enquête de l’escouade Marteau et le procès ont en effet établi les faits que voici. Le maire utilisait la carte de crédit de la municipalité pour des dépenses de voyage et de représentation pour des organismes tiers. Il produisait personnellement les réclamations pour les frais encourus auprès de ces organismes, puis recevait et encaissait les remboursements, mais ne remettait pas l’argent dû à la municipalité. Le manège a duré plusieurs années pour un montant dépassant 20 000 $, malgré les interventions de responsables de l’administration municipale pour régler le problème.

Le maire a toujours allégué qu’il n’avait pas le temps de faire le petit bout qui manquait, pourtant si simple : rembourser la municipalité. Il avait pourtant le temps de faire tout le reste du processus, c’est-à-dire les réclamations et les encaissements des remboursements effectués par les organismes tiers. Et comment peut-il invoquer son manque de temps alors qu’il a accepté de participer à plusieurs instances à l’extérieur des Îles, et ce, bien au-delà de ses responsabilités et de ses obligations à titre de maire des Îles? Voilà qui en dit long sur le sens des priorités du maire.

Le procès a aussi mis en lumière une attitude troublante de la part de la défense de M. Arseneau, celle de s’en prendre à la crédibilité des personnes chargées de la bonne administration des deniers municipaux. En effet, le procès nous a appris que le maire omettait sciemment de rembourser la municipalité pendant une longue période, et ce, en dépit des interventions de la directrice des finances, Mme Dominique Delaney, qui a sonné l’alarme, envoyé des états de compte au maire et offert qu’un employé l’aide dans ses remboursements, ce que le maire Arseneau a refusé. L’avocat représentant Joël Arseneau s’en est même pris à la crédibilité de Mme Delaney. N’aurait-il pas été, au contraire, anormal et inquiétant que la directrice des finances ne dise et ne fasse rien devant l’incurie du maire? Dans la foulée des événements, que ce soit Mme Delaney plutôt que M. Arseneau qui ait quitté la municipalité, voilà qui est plutôt troublant. M. Arseneau s’en est aussi pris au conseiller Roger Chevarie, alors à la tête du comité de surveillance, sous prétexte qu’il voulait devenir maire. Qu’est-ce que cela aurait changé? Le maire attendait-il que M. Chevarie, mis au courant de ses irrégularités, ne fasse rien et taise toute l’affaire auprès de ses collègues du conseil municipal? Au contraire, en intervenant comme ils l’ont fait, Dominique Delaney et Roger Chevarie se sont acquittés de leurs responsabilités au regard des finances de la municipalité. Voilà quelqu’un qui se plaignait qu’on lui fasse un procès d’intention et qui applique la même médecine aux gens qui ont questionné ses actes. C’est selon moi un aveu de faiblesse sur le fond de l’affaire. Que le maire agisse ainsi, même pour se défendre d’un crime, voilà qui pose de graves questions éthiques.

Et dire que, n’eût été la fuite dans les médias par on ne sait qui et la plainte d’un citoyen dont on ne connaît toujours pas l’identité, nous n’en aurions rien su.

* * * * *

J’ai toujours dit que je ne savais pas où commençaient et où se terminaient le vol et la fraude au plan légal, mais on ne me fera pas avaler que le maire est irréprochable. Faisons un parallèle avec une situation fictive. Toi et moi, nous établissons une entente. Je te prête 1000 $ que tu me remettras quand tu recevras ton remboursement d’impôt. Finalement, après un bon moment, il s’avère que tu as reçu et encaissé ton chèque d’impôt, mais tu ne m’as pas remboursé. Tu n’as donc pas respecté notre entente. Pire :  deux ans et demi plus tard, malgré mes demandes répétées, non seulement tu ne m’as toujours pas remboursé, mais tu as continué d’utiliser mon argent en utilisant le même stratagème, ta dette à mon égard gonflant un peu plus chaque fois.  Ce n’est peut-être pas du vol au sens de la loi, mais de manière évidente, ton geste brise la relation de confiance que j’avais avec toi. À titre personnel, si ce n’est pas du vol, un tel comportement est néanmoins sévèrement répréhensible.

Alors, qu’en est-il lorsque le geste est commis par la personne à la tête d’un organisme public comme la municipalité? Si elle n’est pas criminelle, la conduite du maire Arseneau reste irresponsable, inacceptable et condamnable. Il a montré selon quel ordre de priorité et avec quelles valeurs il considérait l’argent des contribuables. On n’attend pas d’un maire qu’il se comporte ainsi. On s’attend plutôt qu’il soit doublement vigilant avec les deniers publics et le premier imputable de toute faute commise à cet égard.

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En agissant comme il l’a fait dans toute cette affaire, Joël Arseneau s’est montré indigne d’être maire.  Bien des politiciens ont démissionné pour beaucoup moins que ça. En ne démissionnant pas, Joël Arseneau nous demande d’admettre sa conduite, nous suggérant d’augmenter notre seuil de tolérance éthique dans d’autres situations du genre. Ce faisant, il expose et affaiblit considérablement l’institution municipale déjà en mal de crédibilité dans l’opinion publique. Par son geste et la manière dont il s’en est défendu, il est désormais discrédité et impuissant à exercer le leadership qu’un maire doit incarner à l’endroit des employés, des citoyens et des interlocuteurs du gouvernement municipal. En restant maire, Joël Arseneau prouve aussi qu’il place ses intérêts personnels au-dessus des intérêts de la municipalité. Je ne peux pas croire qu’il ne s’en rende pas compte. Est-il tellement imbu de lui-même qu’il en vienne à croire que, malgré son inconduite, il est dans notre intérêt que la municipalité des Îles soit dirigée par lui? Ce serait tellement narcissique!

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Le procès a révélé des faits préoccupants. Le maire Joël Arseneau veut tourner la page. Il espère que nous fassions de même. Pourtant, de toute évidence, M. Arseneau n’a pas agi en toute intégrité. Comme citoyen, est-il déraisonnable d’exiger davantage d’un maire qu’il ne soit pas reconnu par la justice comme un criminel ?

Publié par : Yvonne Langford | 27 avril 2013

Désir d’Afrique

« On ne sort pas indemne de l’Afrique. » Angélique Kidjo

« C’est votre premier voyage en Afrique ?», m’a demandé le jeune chauffeur de taxi. « Non, mais c’est mon premier voyage en Afrique noire. » « Et comment vous aimez ? » « Je suis en amour avec l’Afrique ! », ai-je déclaré d’emblée. Je l’ai vu sourire, puis s’interroger. « Ah bon ? Pourquoi ? » Sa question m’a décontenancée. J’ai eu besoin de quelques secondes pour lui répondre. « L’amour ne s’explique pas. C’est comme aimer un homme. On l’aime comme il est, c’est tout. Bien sûr qu’il n’est pas parfait, mais on l’aime. J’aime le Sénégal, comme il est. Et à travers lui, j’aime l’Afrique. » À son sourire, j’ai compris que ma réponse a eu l’heur de lui plaire.

On ne prévoit pas qu’on va tomber amoureux. Ça arrive.

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On nous mettait en garde : contre la chaleur, la misère, les microbes, les maladies, le vol, les laideurs, les mauvaises odeurs, la désorganisation, la séduction facile… Ce n’est pas ce qui reste.

Bien sûr, le Sénégal a des manques, des problèmes, peut-être quelques défauts.  Mais aime-t-on quelqu’un parce qu’il n’a pas de défaut ?

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J’aime l’énergie africaine, insufflée par le soleil, sa lumière et sa chaleur.  L’Afrique vit dehors. Rencontres, conversations, négociations, transactions, réunions, tout se fait dehors. Énergisant.

Comment ne pas aimer les Sénégalais ? Avec eux, la rencontre, c’est comme entrer dans une mer chaude. Un sens profond de la fraternité leur sort par tous les pores de la peau. Ils sont disponibles, souriants, ouverts, à l’écoute, attentionnés, affectueux, chaleureux. Ils vous touchent. Ils prennent le temps pour le rapport à l’autre, aux autres.

Les Sénégalais, hommes, femmes et enfants, sont plus beaux les uns que les autres. Les enfants qui accourent vers nous partout où nous allons. Les jeunes, nombreux, forts et beaux, ceux qui marchent, ceux qui attendent, ceux qui jouent au foot, ceux qui travaillent, ceux qui font la lutte, ceux qui regardent la lutte, ceux qui vous harcèlent dans l’espoir de vous vendre quelque chose, ceux qui rêvent d’un avenir meilleur… Les femmes sont tellement belles ! Dans leurs vêtements et leurs coiffures colorés, elles rayonnent bien plus qu’elles n’en ont conscience. « Sans les femmes, il n’y a pas d’avenir possible pour l’Afrique », a dit Diébédo Francis Kéré. Les hommes, jeunes et moins jeunes, sont tellement beaux ! Parfois désirables aussi, bien sûr, eux qui ont par moments l’entreprise de séduction complaisante et crue pour les toubabs que nous sommes.

Les Sénégalais respirent la fierté et la dignité. À travers toutes sortes de détails de la vie quotidienne, ils incarnent cette riche culture africaine à laquelle ils sont viscéralement attachés. Partout, la fraternité africaine est belle à voir. À travers eux, c’est toute l’Afrique qu’on veut mieux connaître.

Les Sénégalais sont incroyablement croyants. Jeunes et vieux, ils ont à la fois la tête pleine de magie et d’explications divines et les pieds plantés dans le défi matériel que la vie pose ici et maintenant. Leur culture et leur identité est riche et complexe, à la fois traditionnelle et moderne, conjuguant l’âne, la hutte de paille, les messages publics relayés dans le village par le tam-tam et le téléphone portable.

Malgré ses laideurs, ce qu’on voit, c’est la grande beauté de l’Afrique. Ses paysages de savane, ses forêts, ses merveilleux baobabs, ses côtes maritimes, son architecture. Et, partout, le mouvement. Et souvent, l’anarchie, dont ils n’ont pas peur.

Dans ce pays qui connaît tant de manques, quand on demande aux Sénégalais comment ça va, ils nous disent que ça va bien, puisque le Sénégal vit dans la paix. Ils ont raison. Le Sénégal respire la paix.

L’Afrique avance. Elle est en mouvement, en marche. J’ai rencontré des Sénégalais qui ont fait du développement le sens de leur vie. Au jour le jour, ces héros méconnus se creusent les méninges et se démènent pour aider les populations à mieux vivre. Remarquable.  Éblouissant.

Le Sénégal est jeune. Et par les jeunes, avec eux et en eux, le Sénégal change. Passionnant.

Les Africains sont inventifs, créatifs et débrouillards. Leur principale préoccupation :  faire qu’un peu d’argent entre dans leurs poches. Aujourd’hui, tout de suite. Pour les besoins essentiels. Laissés à eux-mêmes, ne comptant que sur eux-mêmes, les uns sur les autres, solidaires, ils demeurent optimistes. C’est la culture du « s’en sortir ».

Le Sénégalais aime les mots, les langues. Il en use abondamment. Il a la conversation facile. Le joyeux mélange des langues donne ce « langage imagé et enjoué, débité à une cadence de mitraillette ». Le wolof et le serer entrent dans nos oreilles comme de la musique africaine.

Le Sénégal sent bon. Il sent le bord de la mer, la cuisine, la peau et les parfums. Beau mélange.

Le Sénégal est plein de rythme et de musique. Dans les villages, les tams-tams résonnent. C’est l’enchantement.

Les Sénégalais ont un grand sens de la famille, du groupe et du village auxquels ils appartiennent. Ils sont constamment en lien. Je n’ai pas vu beaucoup de place – ni même de besoin – pour ce qu’on appelle ici l’intimité.

Les Sénégalais ont le temps. Ils sont dans l’instant présent. Et ils savent attendre.

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Depuis mon enfance, ce désir d’Afrique était enfoui loin en moi. Ce voyage en Afrique l’a fait rejaillir et rebondir.

On a eu beau se préparer à la rencontre qui vient, s’en faire une idée, la réalité de la rencontre surpasse le meilleur de nos scénarios. L’Afrique m’a touchée, dans tous les sens du terme.

La cinquantaine bien sonnée, on s’étonne de constater qu’on n’a pas épuisé toutes ses chances de tomber amoureux. Aimer, c’est sentir une chaleur, la vie au-dedans et en dehors de soi. L’amour fait chaud au cœur, il irradie, comme le soleil africain. L’amour pince aussi un peu, comme le soleil africain. Après, on est plus le même. Parce que l’amour n’est pas sans conséquence. Il change notre regard sur les gens, les événements et les lieux que l’on croise. Notre composition intérieure est changée. Et comme on ressent le manque, on veut y retourner. Au plus vite.

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