Publié par : Yvonne Langford | 21 février 2013

Le droit à la vie pour mon chat, ma perruche… et les phoques du Groenland ?

Depuis le 12 décembre 2012 et jusqu’au 12 mars 2013, sur le site de l’Assemblée nationale, les Québécois peuvent signer une pétition réclamant que le Code civil du Québec soit modifié « afin que l’animal de compagnie ait un statut juridique qui reconnaît son droit à la vie. » Voilà une proposition clairement animaliste, cette philosophie que les Madelinots combattent depuis plusieurs décennies dans le dossier de la chasse au phoque.

Le plus étonnant, c’est que ce soit la députée des Îles-de-la-Madeleine, Jeannine Richard, qui parraine cette pétition. Je comprends mal ce geste conscient ou inconscient de madame Richard. Voici pourquoi.

* * * * *

Je ne doute pas des bonnes intentions des gens qui ont pris l’initiative de cette pétition. Ils aiment les animaux et sont sensibles à leur bien-être. Ils sont dégoûtés par les phénomènes de l’abandon et de l’euthanasie d’animaux sains et les scandales comme celui des usines à chiots. Ils veulent améliorer leur sort. Ils jugent insuffisantes les lois en vigueur au Québec et au Canada (article 444 à 447 du Code criminel canadien) qui interdisent de causer volontairement de la souffrance à un animal en le négligeant ou en lui infligeant des douleurs ou des blessures et qui, par exemple, obligent tout propriétaire d’un animal à lui donner un abri, de l’eau et de la nourriture et qui lui interdisent de le frapper ou de le blesser.

C’est pourquoi les pétitionnaires veulent « que le Code civil du Québec soit amendé afin que l’animal de compagnie ait un statut juridique qui reconnaît son droit à la vie ». Dans une entrevue à Benoit Dutrisac, Marie-Josée Paquette, responsable de la pétition, va jusqu’à parler d’une personnalité animale et d’une charte du droit des animaux. Voilà des propositions très franchement animalistes.

Ce principe du droit à la vie pour les animaux, quels qu’ils soient, est selon moi une grave erreur. (J’en ai d’ailleurs traité dans un précédent article publié sur mon blogue.) Qu’on veuille resserrer les lois et la règlementation, imposer des peines plus sévères contre les contrevenants, exercer une meilleure surveillance afin d’assurer un plus grand respect des animaux, sauvages ou domestiques, on peut en être. Prendre soin des animaux et les traiter avec humanité est en effet une responsabilité que seul l’homme peut et doit prendre. Ce sont autant d’obligations que l’homme doit assumer vis-à-vis des animaux, comme globalement vis-à-vis l’environnement, et cela ne peut découler d’un prétendu droit des animaux que seul l’homme pourrait définir et faire appliquer. – Imaginez-vous un chien ou un hamster devant un juge ? – Dans ce cadre, le droit à la vie pour les animaux domestiques et de compagnie est une complète absurdité qui nous amène à une complète aberration. Et qu’en sera-t-il lorsqu’on devra, en toute logique, en toute notion d’égalité des droits pour tous les animaux, l’étendre aussi aux animaux sauvages, aux mouches, aux homards comme aux rats ? Et tant qu’à y être, pourquoi pas à tout être vivant, y compris les carottes et les bactéries ?

Plutôt qu’un fallacieux droit à la vie pour les animaux, parlons donc du devoir de l’homme vis-à-vis des animaux, y compris, lorsqu’il le faut, celui de mettre fin à leurs jours de la façon la plus humaine possible, pour arrêter leur souffrance, pour éviter qu’ils errent librement et dangereusement dans la cité parce que leur propriétaire les a abandonnés et qu’on ne trouve personne pour les adopter, pour assurer un meilleur équilibre entre les espèces, sans non plus nous interdire de tuer un animal pour nous nourrir et nous vêtir, toujours en s’assurant de la pérennité des espèces. Ce sont des valeurs humaines, l’écologie et la protection de l’environnement qui doivent dicter notre conduite vis-à-vis les animaux, et non l’animalisme.

* * * * *

Je comprends qu’un élu veuille faire plaisir à des citoyens, ici des gens qui aiment les animaux et leur veulent du bien. Mais cet élu a aussi le devoir de ne pas être naïf et d’examiner et de soupeser sérieusement les idées qu’on lui soumet. De surcroît, comme tout habitant des Îles-de-la-Madeleine, plus que d’autres Québécois, conscient que le dossier de la chasse au phoque comporte une grande dimension politique, il devrait entendre une alarme sonner devant  le caractère évidemment animaliste de cette proposition du droit à la vie pour des animaux.  Jusqu’où pourrait aller une telle reconnaissance du droit à la vie des animaux ? Comment ne pas penser que si le principe du droit à la vie repose sur l’idée que les animaux domestiques « sont des êtres vivants doués de sensibilité éprouvant la faim, la douleur et la souffrance », les animaux sauvages, des êtres vivants sensibles, devraient eux aussi « jouir » du même droit ?

Je m’étonne que Jeannine Richard, députée des Îles-de-la-Madeleine et adjointe parlementaire au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, ait parrainé cette pétition qui pue l’animalisme à plein nez. L’aurait-elle vu et qu’elle aurait décidé de parrainer cette pétition quand même ? Je m’en étonne encore plus. N’a-t-elle pas de problème à favoriser la promotion de ces principes animalistes qui ne tiennent pas debout, même pour les animaux domestiques, puisqu’ils ne servent pas du tout la protection des animaux ? Et compte tenu de ses responsabilités d’élue, comment pourra-t-elle justifier devant les animalistes que ce principe du droit à la vie ne devrait pas s’appliquer aux phoques et aux autres animaux sauvages ?


Réponses

  1. Avatar de Thich Quang Duc

    Bonjour madame Langford (comme vous m’avez déjà enseigné j’ai le goût de vous tutoyer, mais comme cela fait un bail, qu’on ne se connait pas vraiment et, aussi, à cause du respect que j’ai pour vous, je vous vouvoierai). Je prends le temps de répondre à votre article parce que c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et, surtout, parce que j’ai quelques questions pour vous. D’abord, sachez que je ne suis pas contre la chasse aux phoques, que je n’ai pas signé la fameuse pétition et que je ne préfère pas madame Richard à vous.

    Questions:

    Imaginez-vous un bébé, un sot ou une personne atteinte de surdicécité devant un juge? (Est-ce que le droit à la vie pour les bébés, les sots et les personnes atteintes de surdicécité est une complète absurdité?)

    Comment peut-on conférer à l’homme le devoir, par exemple, d’assurer un meilleur équilibre entre les espèces alors qu’il est lui-même la plus grande source de déséquilibre écologique sur cette planète?

    Et finalement, l’anthropocentrisme n’est-il pas beaucoup plus dangereux que l’animalisme si l’on considère le fait que l’humain est responsable de l’extinction d’un nombre incalculable d’espèces animales et végétales, et, en bout de ligne, de l’extinction probable de sa propre espèce?

    Merci.

  2. Avatar de David Thériault

    Je tiens d’abord à dire que je partage les inquiétudes exprimées par Yvonne dans le présent article et que j’ai sensiblement les mêmes résistances face à l’animalisme et à cette pétition qui demande un amendement du Code civil du Québec pour reconnaître le droit à la vie des animaux de compagnie. C’est pourquoi je me permets de répondre à l’intervention de monsieur (ou madame?) Thich Quang Duc.

    Concernant votre première question, les personnes qui ne peuvent pas se présenter devant un juge sont effectivement jugées inaptes et ont besoin de tuteurs légaux (souvent des parents) , mais elles sont incluses dans la définition de «personne humaine» qui, je l’admets, est d’une grande complexité, mais qui est précisément l’objet du droit. C’est donc en vertu de cette appartenance que ces individus sont concernés par le droit et non simplement parce qu’ils sont des êtres «doués de sensibilité éprouvant la faim, la douleur et la souffrance». Ainsi, imaginer qu’on pourrait attribuer un tel droit aux animaux, au même titre qu’aux personnes jugées inaptes, me parait absurde, ne serait-ce qu’en réfléchissant à son application évidemment impossible (comment pouvons-nous imaginer qu’un jour on disposerait des moyens pour défendre les individus animaux, sans exception, au même titre que l’on défend les personnes jugées inaptes?) ce que Yvonne a bien souligné dans son texte. Le danger de l’anthropocentrisme ne se situe donc pas, à mon sens, dans le fait de réserver le droit à la vie aux personnes humaines, mais plutôt dans le fait de ne pas reconnaitre les différences entre notre espèce et les autres, leur imposant ainsi cette création humaine qu’est le droit et de prétendre que nous saurons les défendre adéquatement.

    Pour ce qui est de votre question suivante, lorsque vous demandez «Comment peut-on conférer à l’homme le devoir, par exemple, d’assurer un meilleur équilibre entre les espèces alors qu’il est lui-même la plus grande source de déséquilibre écologique sur cette planète?», il y a certainement des nuances à apporter. Lorsque Yvonne parle du devoir «d’assurer un meilleur équilibre entre les espèces», je ne pense pas qu’elle réfère à un devoir de jouer aux dieux et de se rendre responsables de l’équilibre global de l’écosystème planétaire (si je me trompe, elle saura me corriger), mais plutôt de rectifier certains déséquilibres lorsque nous en sommes responsables en tant qu’humains. J’y vois, à titre d’exemple, le rétablissement de certains quotas de chasse ou de pêche dont l’arrêt drastique dans le passé aurait mené à un déséquilibre visiblement néfaste à un écosystème…et tout ça dans une visée écologique et non dans le but de reconnaître un droit à l’animal, au sens juridique.

    Ce qui vous semble donc être une absurdité ici me semble plutôt être une évidence : c’est justement parce que l’homme est responsable de tout ce déséquilibre qu’il a le devoir de corriger ses erreurs. Et si la loi peut servir à quelque chose dans ce dossier, c’est, me semble-t-il, précisément à ça. À l’inverse, si cette responsabilité n’est pas celle de l’humain, à qui nous en remettrons-nous pour empêcher nos excès? Aux autres animaux ? À Dieu ?

    Il y a, dans beaucoup de dossiers autour de la question animale, une grande confusion entre le légal et le moral, entre le devoir humain envers les animaux et le droit des animaux, entre l’écologie et l’animalisme. Il est donc nécessaire de porter une attention particulière à l’utilisation que nous faisons de ces concepts dans ce contexte et c’est en partie ce que Yvonne semblait vouloir faire.

  3. Avatar de Yvonne Langford

    Réponse à Thich Quang Duc.

    D’abord, je suis à peu près certaine que je ne vous ai pas enseigné. À moins que vous ne signiez pas sous votre nom véritable (si c’était le cas, vous ne respecteriez pas un des principes de la politique éditoriale de mon blogue) ou que vous ayez changé votre nom.

    Aussi, que ce soit clair : je n’interviens pas sur cette question en tant que candidate à une élection. Personne n’a à choisir entre madame Richard et moi. Nous n’en sommes pas là. Les Madelinots ont choisi et Jeannine Richard est la députée des Îles-de-la-Madeleine, un point c’est tout. Je questionne un geste de madame Richard, pas sa légitimité.

    Pour le reste, David Thériault a répondu mieux que je n’aurais pu le faire aux deux points de votre argumentaire.

    À mon avis, vous faites un faux parallèle entre le droit à la vie des humains, y compris ceux qui se trouvent dans l’impossibilité de se représenter eux-mêmes, et le droit à la vie pour les animaux. Ce serait justement de l’anthropomorphisme que de vouloir l’étendre aux autres espèces animales. Le droit est fait par l’Homme pour les hommes à propos des gestes et des comportements des hommes entre eux et sur leur environnement. Il est créé et appliqué par des sociétés humaines pour des humains. Par exemple, pour les humains, la vie est un droit absolu en ce sens qu’une victime de meurtre ou de tentative de meurtre n’a pas à décider si elle poursuivra ou pas l’auteur du crime. C’est la Couronne qui décidera ou non d’intenter une poursuite en vertu de la Loi et sur la valeur de la preuve dont elle dispose. Comme quoi le droit est d’intérêt public et qu’il va au-delà de la volonté de chaque individu.

    Votre deuxième argument : le problème que les hommes posent à la planète. Comme David le dit, si vous n’avez pas confiance en l’Homme, à qui feriez-vous confiance pour un droit des animaux ? Seul l’Homme peut régler les problèmes qu’il cause (à moins que l’intérêt des animaux ne repose sur l’idée de la disparition de l’espèce humaine ?!?). Notre humanité produit des Slobodan Milosevic, des Benjamin Netanyahou et des petits Stephen Harper, mais aussi des Nelson Mandela, des Lula Da Silva et des Amir Khadir. Nous devons mener entre humains la lutte de la sauvegarde de notre environnement. Pas besoin de droits des animaux pour ça. C’est plutôt la force politique des hommes et des femmes qui lutte pour la préservation de l’environnement qui fera la différence. Cessons cette confusion entre les idées écologistes et les idées animalistes et nous aurons fait un pas dans la bonne direction.

    Dans tout ce faux débat autour d’un droit pour les animaux, il est regrettable que ceux qui en font la promotion ne sont jamais très loquaces sur ses applications précises. Voilà qui pourrait certainement écourter la discussion en démontrant le caractère inapplicable de leur proposition.

  4. Avatar de Monsieur Thich Quang Duc

    Bonjour. Je tiens d’abord à vous remercier, tous les deux, d’avoir pris le temps de me répondre, surtout que l’intervention d’un professeur de philosophie me rassure un peu sur la pertinence de mes questions, qui, sauf un peu pour la première, n’avaient pas pour but de prendre en défaut madame Langford mais bien de pousser un peu la réflexion, ce que vous avez fait adroitement. Je suis entièrement d’accord avec vous par rapport à la grande confusion entre le légal et le moral autour de la question animale et c’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas signé la pétition. Cela étant dit, je suis moins hostile que vous avez à l’égard de l’animalisme et des questionnements qu’il soulève. Personnellement, d’un point de vue philosophique, même s’il est plus difficile à définir ou faire appliquer juridiquement, je ne crois pas qu’un animal ait moins le «droit à la vie» qu’une «personne humaine». Je crois que le réel danger de l’anthropocentrisme n’est pas de ne pas reconnaitre les différences entre notre espèce et les autres mais de reconnaitre des différences erronées et/ou profitantes à l’Homme. Aussi, je crois que les droits et les devoirs par rapport aux animaux sont davantage basés sur la commodité que sur l’équité (protégeons les animaux domestiques parce qu’on les aime dans notre salon, au diable les animaux d’élevage parce qu’on les aime dans notre assiette). D’un côté vous êtes très rébarbatifs à l’idée d’imposer cette création humaine qu’est le droit aux autres espèces, mais, d’un autre côté, vous n’avez aucun problème avec le fait d’imposer d’autres créations humaines comme des quotas par exemple, en prétendant que nous saurons les appliquer adéquatement, contrairement au droit. Et non, Madame Langford, même si je n’embrasse pas complètement votre admirable humanisme, je ne suis pas pour la disparition de l’espèce humaine. Et c’est justement pour éviter que l’on me prête ce genre d’idée que je n’ai pas utilisé mon vrai nom pour questionner une opinion aussi populaire et sensible aux Îles. Sans criminaliser demain matin le meurtre du maringouin, je ne vois rien de complètement absurde dans l’idée que le droit puisse continuer à évolué, à travers la confusion et la complexité, à la recherche d’un idéal affranchi du racisme, du sexisme et pourquoi pas, un jour, du spécisme. Allez dire après que je n’ai pas confiance en l’Homme. Et si la confusion entre les idées «écologistes» et les idées «animalistes» vous empêche de faire un pas dans la bonne direction, moi je suis déjà en route.

    Merci à vous deux.

    • Avatar de Yvonne Langford

      Monsieur ou madame,

      Vous savez, ce n’est pas qu’on ne soit pas d’accord qui est problématique pour moi. Après tout, vous comme moi semblons apprécier ce genre d’exercice où on débat d’idées. Et tout en comprenant que la question discutée ici soit très sensible aux Îles, j’avoue que je trouve très difficile de parler à découvert, publiquement, avec quelqu’un qui dit me connaître, mais dont j’ignore l’identité. Voilà qui enfreint une des règles de la politique éditoriale de mon blogue : « Identifiez-vous – par votre prénom et votre nom. Je ne permets pas les commentaires anonymes. Si vous voulez exprimer des idées, vous devrez aussi vous afficher. » Cette règle, qui prévaut depuis le lancement de mon blogue à l’automne 2011, a sa raison d’être et, désormais, je vous demande de vous y conformer.

      Que le droit continue à évoluer, j’en suis. Qu’on trouve des moyens de mieux protéger les animaux, j’en suis. Mais lorsque vous dites « je ne crois pas qu’un animal ait moins le «droit à la vie» qu’une «personne humaine», je comprends à quel point nous ne sommes pas du même avis sur la question de fond.

  5. Avatar de David Thériault

    Je me permets encore une intervention, puisque je suis interpellé par l’interprétation que monsieur X fait de mon commentaire précédent.

    D’abord, lorsque vous dites que les animaux ont autant le «droit à la vie» qu’une personne humaine, je ne suis pas complètement opposé à cette idée, mais tout dépend du point de vue que vous adoptez pour faire cette affirmation. Par exemple, d’un point de vue biologique, en tant qu’espèce animale faisant partie d’un écosystème, je partage cette idée que l’homme n’est pas plus important que d’autres vivants, et je n’ose même pas réduire cette comparaison aux autres animaux, ce que font les animalistes, puisque dans l’équilibre global, le plancton, la céréale ou le légume sont d’une importance aussi grande que les mammifères ou les autres animaux.

    Cette idée de ne penser qu’à l’animal sous prétexte, par exemple, qu’il a un système nerveux, qu’il a faim ou qu’il est capable de souffrir est, selon moi, ce qu’on pourrait appeler un anthropomorphisme de second niveau. C’est une des résistances que j’ai face à l’animalisme qui, selon moi, a établi des frontières tout à fait arbitraires entre l’animal et les autres vivants ; c’est en partie ce qui le distingue de l’écologisme.

    Ceci étant dit, si on veut continuer à faire partie des vivants, il faut vivre et donc se nourrir. Je suis prêt à remettre en question certaines pratiques d’élevage qui, par leur demande démesurée en énergie, laissent une trace déraisonnable sur le plan écologique. Au même titre, je suis prêt à remettre en question certaines cultures végétales qui ont aussi un impact déraisonnable sur l’écosystème. Par contre, je n’ai pas plus de résistance à ce que l’homme se nourrisse d’animaux qu’à ce qu’il se nourrisse de végétaux, si cela est fait dans le meilleur respect de la nature et de son équilibre.

    Je suis aussi disposé à aller plus loin en condamnant les pratiques d’élevage ou d’abattage d’animaux les faisant souffrir inutilement et démesurément, mais lorsqu’au meilleur de nos connaissances nous pouvons abattre des animaux en limitant leurs souffrances (par exemple dans la chasse au phoque) et que leur utilisation est optimale, sans gaspillage, je n’y vois pas de problème. Nous avons un passé de carnivores et d’omnivores, notre dentition en témoigne, et je ne vois pas ce qui ultimement, sur le plan moral, nous empêcherait de continuer de vivre ainsi. Nous faisons partie de la nature et c’est un comportement tout à fait naturel que de manger d’autres espèces vivantes, animales ou végétales.

    Il ne faut donc pas confondre ce «droit à la vie» des animaux, sur le plan biologique, avec une reconnaissance légale de ce droit au même titre que les droits de la personne. C’est un comportement naturel que de protéger nos semblables et de s’entraider à l’intérieur d’une même espèce. En ce sens, même si d’un point de vue global je ne considère pas nécessairement la vie humaine comme ayant une valeur fondamentalement supérieure à celle des autres vivants, je refuse d’en conclure que le fait de manger un autre animal est équivalent au cannibalisme sur le plan moral ou que ça devrait être équivalent sur le plan légal. C’est donc là que je me distingue franchement de ceux qui veulent faire reconnaître le droit à la vie des animaux dans le Code civil au même titre que le droit à la vie chez les personnes humaines. On peut avoir une sensibilité écologique, voire une sympathie envers la souffrance animale, et demander une évolution du droit sans tomber dans une absolue équivalence légale.

    Je suis donc aussi en route, mais pas nécessairement sur la même que vous…et je vous trouve bien chanceux si vous en connaissez déjà l’issue pour pouvoir prétendre être dans la «bonne direction».

    Ceci étant dit, j’apprécie quand même cette discussion, puisque sans opposition il ne peut y avoir de débat. Par contre, tout comme Yvonne, je trouve dommage que vous refusiez de vous identifier et ainsi d’assumer pleinement ce que vous défendez puisque je n’y vois aucune justification suffisante. Je comprends votre crainte de faire face à des résistances en terrain madelinot, mais ne pas assumer pleinement la différence, c’est en quelque sorte participer à la continuité et refuser le changement.

  6. Avatar de Maude Arseneau

    Je pense que le « droit à la vie » des animaux, c’est en effet une nouvelle lubie des animalistes (et j’y vois même aussi des « pro-vie » derrière). On devrait plutôt renforcer le code criminel contre la cruauté envers les animaux ; punir plus sévèrement ceux qui maltraitent ou abandonnent leurs animaux. Les animaux de compagnie ont le droit qu’on s’occupe d’eux de façon convenable et qu’on abrège leurs souffrances quand le vétérinaire (ou les instutions financières) ne peuvent plus rien pour eux.Je pense aussi qu’avant de s’attarder sur le droit à la vie des perruches, des chats et des hamsters, on devrait en tant que société remettre nos priorités à la bonne place et militer pour le droit à l’accès aux soins de santé pour tout le monde (et de façon rapide), contre la pauvreté, pour l’accès à l’éducation et l’instruction. Il y a des tonnes de causes sociales qui me semblent plus importantes.. Ça, c’est mon humble opinion sur le sujet.

    Et comme dirais Siméon Desrosiers et son confrère Joseph-Arthur Lavoie, que tout est politique.. Avec tous les dossiers qui doivent être travaillés et réglés aux Îles, et comme c’est sa job à elle et que c’est pour ça qu’on l’a élue (ou étais-ce pour donner un vote à Mme Marois), es-ce que Mme Richard n’aurais pas des choses plus importantes à faire que de s’intéresser à cette pétition sur la vie des perruches, quand on sait qu’il y a des gens aux Îles qui ne mangent pas à leur faim, des OSBL qui sont sous-financés et qui ferment leur portes par moments, et la liste est longue ? On dirais que Léo Bureau-Blouin dans Laval-des-Rapides, s’occupe joliment mieux de ces électeurs et c’est une grosse déception, après la magnifique soirée électorale de septembre dernier, de voir qu’il ne se passe absolument plus rien. La politique est devenue aussi intéressante que le Québec .. On fête à la Saint-Jean (où la soirée électorale) et chacun retourne à sa vie le lendemain et plus personne ne s’occupe de rien juqu’à la prochaine fois.


Répondre à Thich Quang Duc Annuler la réponse.

Catégories