Publié par : Yvonne Langford | 8 mars 2012

J’appuie les étudiants des Îles en grève

Aujourd’hui, je veux saluer les étudiants et étudiantes du Campus des Îles qui, en étant en grève depuis le 27 février dernier, se portent courageusement à l’avant-garde de la lutte contre la hausse des frais de scolarité et pour l’accès aux études universitaires. Je veux aussi vous encourager, Madelinots et Madeliniennes, à appuyer leurs revendications et les moyens de pression qu’ils ont démocratiquement choisi d’exercer de toutes les manières que vous le pourrez.

Cette action de protestation partagée à l’heure qu’il est par au-delà de cent mille étudiants et étudiantes à travers le Québec me semble prendre une signification plus forte et plus porteuse d’espoir ici. Que 150 étudiants des Îles soient en grève, on pourrait penser que ça ne fera pas la différence. Leur force n’est pas dans leur nombre, mais dans le message qu’ils envoient à notre député, au gouvernement et au Québec tout entier. Les études universitaires leur coûtent plus cher et l’endettement qui suit les études est souvent plus lourd pour eux que pour les autres Québécois. Ils n’adoptent pas pour autant une attitude de quêteux en invoquant leur situation particulière, mais s’associent aux étudiants québécois pour réclamer le retrait de la hausse annoncée des frais de scolarité. Ils appuient ainsi une mesure universelle et progressiste assurant un meilleur accès à l’université pour tous les Québécois et toutes les Québécoises.

Ils sont en grève. Ils font bien ça. J’admire leur geste. Ils ont tout mon appui.

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Un moyen parmi d’autres pour les appuyer, c’est de signer la pétition sur le site de l’Assemblée nationale (cliquez sur le lien en rouge pour vous y rendre).

Aussi, je partage avec vous des réflexions intéressantes sur cette grève étudiante disponibles ici et là sur Internet. N’hésitez pas à nous en suggérer d’autres.

« La mobilisation étudiante qui prend forme au Québec autour d’une radicale hausse des droits n’a rien d’un caprice d’enfants-rois.  L’appel à la grève générale illimitée n’est pas la reprise d’un classique pour abonnés au farniente. Il s’agit du seul moyen disponible pour ébranler un gouvernement acharné, intraitable et indifférent aux questions d’inégalités sociales » CHOUINARD, Marie-Andrée, « Droits de scolarité – Avant-goût électoral », Le Devoir, 16 février 2012.

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En novembre dernier, j’avais publié un article contre cette décision injuste, et plus injuste encore pour les jeunes et toute la communauté des Îles. Je persiste et je signe!


Réponses

  1. Avatar de David Thériault

    Yvonne, je partage ton point de vue, mais j’aimerais ajouter un petit commentaire concernant des arguments (si on peut les appeler ainsi) qu’on a souvent entendu contre cette grève, ou plus exactement pour la hausse des frais de scolarité. On demande : «Pourquoi la société paierait pour ces étudiants riches qui se promènent avec leur I-phone, leurs beaux vêtements, leur voiture de l’année, etc.?». On dit aussi : «En allant à l’université, les étudiants se construisent un avenir dans des emplois payants, ils auront suffisamment les moyens de payer leurs dettes une fois les études terminées.».

    Si on réduit la situation à ces constats, c’est vrai qu’il est tentant d’être en faveur d’une hausse des frais de scolarité. On pourrait quand même répliquer que ce n’est pas pour ces «étudiants riches» que nous voulons éviter la hausse, mais justement pour ceux qui pourraient être freinés par l’endettement étudiant. On pourrait aussi dire que, justement, si les étudiants universitaires accèdent à des emplois payants, ils rembourseront amplement leurs frais de scolarité par les impôts qu’ils paieront plus tard. Mais tout ceci serait passer à côté de ce qui me semble être le fond du débat.

    À mon avis, la question primordiale est celle du statut que, socialement, nous accordons à l’éducation. La force d’une société peut se mesurer en partie par sa richesse, mais son éducation, sa science, sa culture et sa philosophie me semblent en être des indices beaucoup plus significatifs et des traces qui traverseront l’histoire. Le fait d’investir collectivement dans l’éducation équivaut, en quelque sorte, à faire ce pari. Si on réduit l’université à un potentiel moyen de se trouver un emploi payant, on met de côté une bonne partie de la recherche fondamentale en science, de la création artistique et de la réflexion philosophique qui donnent sens à nos universités et qui enrichissent autrement notre société (et qui sont d’ailleurs à la base de la plupart de ces emplois payants auxquels on peut accéder par l’université).

    L’éducation, bien qu’elle coûte cher, ne devrait pas être réduite à une question de sous. Je suis content de vivre dans une société où on n’a pas besoin (pas encore) de se demander si l’on a les moyens de consulter un médecin, de subir une opération ou de recevoir des traitements. Je crois qu’il devrait en être ainsi en ce qui concerne l’éducation : plutôt que de la voir comme une lourde dépense, il me semblerait plus juste de la considérer comme un bon investissement social.

  2. Avatar de Yvonne Langford

    David, j’aime beaucoup ton commentaire.

    Je me disais justement qu’il était difficile de comprendre qu’on accepte le principe de la gratuité scolaire (même s’il est un peu égratigné) pour former un électricien ou un policier, mais pas pour une diététiste ou un enseignant en musique. On sait bien que ce n’est pas sur la base des moyens d’avoir un iPhone ou un emploi rémunéré en deça d’un certain seuil qu’on finance ou pas les études professionnelles et techniques.

    J’aime ton idée qu’au-delà de contribuer à former des personnes compétentes à occuper des emplois, l’université contribue à développer la connaissance et à la partager en la rendant accessible. Aussi, elle outille aussi les personnes à se développer personnellement et comme citoyen.

    Selon moi, les frais de scolarité ne sont pas le meilleur moyen pour s’assurer que tout le monde paye sa part. Une fiscalité juste et bien appliquée contribuerait beaucoup plus à ce que tout le monde fasse sa part pour une société où l’éducation est une réalité accessible à tous.


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