Publié par : Yvonne Langford | 1 mars 2012

Un maire accusé : que peut-on en penser ?

En refusant de se retirer, Joël Arseneau a raté une bonne occasion de regagner du respect auprès de la population des Îles en démontrant qu’il savait protéger les intérêts supérieurs de la municipalité et répondre aux devoirs de sa charge de maire. Mais puisqu’il ne l’a pas fait, voici ce que je pense…

… du paiement des frais d’avocat encourus pour sa défense :

  • Si Joël Arseneau en est là, c’est parce qu’il n’a pas remboursé la municipalité pour les sommes dues dans un délai raisonnable. Il était personnellement responsable d’agir autrement. En conséquence de cette responsabilité, Joël Arseneau doit payer ces honoraires.

… du son retrait de la fonction de maire des Îles :

  • étant donné que l’affaire dans laquelle il est impliqué affaiblit non seulement la fonction de maire, mais l’institution municipale elle-même,
  • étant donné que Joël Arseneau associe faussement le fait de s’écarter de cette fonction à un aveu de sa culpabilité,

le conseil municipal devrait lui faciliter la tâche en exigeant qu’il se retire, le temps des procédures. Ainsi, le conseil municipal ne conclura pas à sa culpabilité ;  il reconnaîtra seulement que la situation est devenue trop inconfortable pour le maire lui-même comme pour l’institution municipale. S’il est déclaré innocent des charges qui pèsent contre lui, Joël Arseneau récupérera aussitôt sa pleine charge de maire.

 En s’appuyant sur la présomption d’innocence, un des principes les plus importants de notre droit criminel, jusqu’au jugement de cette affaire ou jusqu’à la fin de son mandat, la municipalité devrait lui verser la rémunération qu’il aurait touchée en tant que maire.

Comment en suis-je venue à ces conclusions ? Tout en le comprenant, j’ai cherché à dépasser le sentiment de colère et d’indignation de citoyens, ou pire encore, leur cynisme. J’ai essayé, le temps d’une réflexion, de faire place à la raison.

Un bref rappel des faits (pour ceux qui en ont besoin)

On a d’abord appris, en octobre 2010, que Joël Arseneau, maire des Îles, avait fait défaut de rembourser la municipalité des Îles pour des frais encourus pour sa participation au sein d’instances régionales et provinciales qu’il avait portés à la carte de crédit de la municipalité entre 2007 et 2010, montants pour lesquels il avait été remboursé par ces organismes, mais pour lesquels il n’avait pas remboursé la municipalité qui n’avait pas à acquitter ces dépenses. Plusieurs montants ont circulé :  19 300 $, 21 000 $, 26 000 $…  Lorsque l’affaire est sortie dans les médias, le maire a reconnu avoir « fait preuve d’insouciance » et a dit qu’il avait tout remboursé, c’est-à-dire les montants en cause et les intérêts, sous-entendant que l’affaire était réglée et classée.

Le jeudi 23 février 2012, on a appris que le maire faisait face à des accusations criminelles de fraude et de vol. Depuis, il a démissionné d’organismes sur lesquels il siégeait (Fédération québécoise des municipalités et Fédération canadienne des municipalités), mais il refuse de renoncer à ses fonctions de maire. Le lundi 27 février, il a réitéré qu’il entendait continuer à agir comme maire et il nous a appris que la municipalité des Îles allait couvrir les frais d’avocat encourus pour sa défense.

Une plainte est toujours en traitement au ministère des Affaires municipales.

Les questions éthiques en cause dans cette affaire

Pour ce qui est des charges criminelles qui pèsent contre lui, charges qui ne sont pas anodines, il ne m’appartient pas d’en juger, pas plus qu’à vous d’ailleurs. Comme tout accusé, Joël Arseneau a droit à un procès juste et équitable devant un tribunal impartial. La Couronne, qui accuse M. Arseneau, est responsable de faire la preuve de sa culpabilité et il appartiendra au tribunal de juger s’il est coupable ou innocent des deux crimes dont il est accusé. Et d’ici là, il faut que ce soit clairement établi :  tous, nous avons l’obligation de respecter un des principes fondateurs de notre système de justice :  la présomption d’innocence.

Cependant, deux autres faits posent selon moi des questions d’ordre éthique :  le fait que Joël Arseneau continue d’occuper ses fonctions de maire et la décision qu’il a communiquée indiquant que les honoraires des avocats chargés de sa défense seraient à la charge de la municipalité.

* * * * *

Pour ce qui est de l’affaire portée à la connaissance du public en 2010, Joël Arseneau n’a pas lui-même reconnu sa faute, assimilant cette situation à une simple affaire de paperasses administratives. Aujourd’hui, il semble présenter le remboursement des sommes dues et des intérêts comme classant l’affaire. Peut-on convenir que sa responsabilité pour ses actes passés reste entière et qu’il doit en assumer les conséquences, y compris le jugement des citoyens?

Pour ce qui est des accusations criminelles portées contre M. Arseneau, il faudrait se garder de conclure, comme on l’a entendu ici et là depuis le 23 février, que tout le système de justice est corrompu au point qu’il serait devenu un instrument politique au service de sombres complots. Comment croire que les enquêteurs, les procureurs de la Couronne et les juges soient guidés par de tels intérêts ? Cette gravissime vision des choses dépasse l’entendement.

En tant que maire, Joël Arseneau n’a-t-il pas un devoir de montrer l’exemple, de demander d’être traité comme on traiterait tout autre élu ou employé dans les mêmes circonstances ? Plusieurs employés municipaux ont le sentiment que s’ils avaient eux-mêmes manqué à leur devoir de remettre à la municipalité d’importantes sommes dues sur une période aussi longue ou que s’ils étaient accusés d’avoir fraudé et volé la municipalité, ils ne seraient pas traités comme monsieur Arseneau décide de traiter l’affaire qui l’implique lui-même. En restant à son poste, quel message le maire envoie-t-il aux autres élus et à tous les employés de la municipalité ?

Joël Arseneau est actuellement la personne au sommet de la hiérarchie municipale madelinienne. Il entre dans les bureaux de l’hôtel de ville comme le supérieur en chef. Sa présence à la mairie ne menace-t-elle pas l’intégrité du processus judiciaire en cours ? Comment être certain à 100 % qu’il n’exerce pas, en lien avec cette affaire, une influence indue sur la fonction publique municipale, alors même qu’il est accusé d’avoir frustré la municipalité d’une somme d’argent « (…) par la supercherie, le mensonge ou autre moyen dolosif (…) » (extrait des actes d’accusation) ? Par exemple, peut-on imaginer que certains employés, y compris ceux et celles qui pourraient être appelés à témoigner, pourraient éprouver un malaise dans la situation? L’indépendance et la tranquillité d’esprit dont ils ont besoin pour bien faire leur travail dans les circonstances passent par le retrait du maire.  Concrètement, quelles mesures la municipalité prend-elle pour garantir la sauvegarde des intérêts de la municipalité, prétendument lésée dans cette affaire ?

Comment peut-on être certain que Joël Arseneau pourra, durant les procédures, se placer dans une position d’impartialité, au-dessus de ses intérêts personnels, dans toutes les affaires dans lesquelles il sera impliqué à titre de maire ?  La municipalité n’a-t-elle pas l’obligation de se garder non seulement du conflit d’intérêt, mais de l’apparence de conflit d’intérêt ? L’autorité des devoirs oblige ceux et celles qui ont choisi librement d’occuper des responsabilités publiques de placer les exigences de leur charge au-dessus de leurs motivations et de leurs intérêts personnels. Protéger la municipalité en fait partie.

Lorsque Joël Arseneau s’exprime publiquement comme lors du point de presse du 27 février dernier, est-il le porte-parole de ses intérêts ou de ceux de la municipalité des Îles ? Comment peut-il être à la fois porte-parole de lui-même et de la municipalité, réputée lésée dans cette affaire ?

Les décisions de rester en fonction et de faire payer les frais juridiques par la municipalité que Joël Arseneau a communiquées à l’occasion de son point de presse du 27 janvier relèvent-elles de Joël Arseneau lui-même ou du conseil municipal ? Le conseil municipal a-t-il tenu des rencontres à huis clos où ces deux éléments ont été discutés ? M. Arseneau y participait-il ? Et dans quel sens la haute fonction publique municipale a-t-elle conseillé le conseil municipal ? Des décisions en rapport avec cette affaire ont-elles été prises lors de ces rencontres ? M. Arseneau a-t-il voté sur des propositions en lien avec cette affaire ? Quelle a été la position de chacun des conseillers municipaux ? Le citoyen a-t-il pu être témoin des délibérations de son conseil municipal à ce sujet ? Si des « décisions » ont été prises, ne sont-elles pas invalides, étant donné qu’il n’y a eu aucune séance publique de la municipalité depuis le dépôt des accusations et que la loi oblige les municipalités à tenir des séances publiques ? Nous parlons ici de démocratie et de transparence, les thèmes sur lesquels le maire s’est fait élire.

Le maire dit qu’il va consacrer ses énergies à préparer sa défense ;  comment peut-il être en même temps pleinement et entièrement disponible à défendre les intérêts de la municipalité ?

La municipalité a-t-elle demandé un avis juridique sur la question des frais juridiques occasionnés par cette affaire ?  Si oui, l’avocat qui lui a donné cet avis juridique est-il le même que celui qui défend les intérêts de l’accusé Joël Arseneau ? L’avis du ministère des Affaires municipales a-t-il été demandé sur cette question ?

Si toutes les interprétations vont dans le sens de l’interprétation communiquée par le maire au sujet de la responsabilité de la municipalité de payer ses frais juridiques, peut-on convenir que cette disposition de la Loi sur les cités et villes (articles 604.6 et 604.7) serait aberrante, puisqu’elle obligerait les citoyens à payer les frais juridiques de politiciens exerçant potentiellement leurs activités criminelles à leurs dépens? Dans l’hypothèse où il serait jugé coupable, ne serait-il pas absurde de constater que la municipalité aurait payé pour défendre un individu qui l’aurait fraudée ou volée ?

L’avocat qui défend les intérêts de Joël Arseneau est-il le même que celui qui défend les intérêts de la municipalité ?  Si oui, comment est-ce possible que l’avocat de la municipalité défende les intérêts d’une personne accusée de fraude et de vol à l’endroit de cette même municipalité ? Pendant ce temps, quel avocat assure la défense des intérêts de la municipalité ?

Comme institution, la municipalité est en relation avec un ensemble d’organisations et d’institutions elles aussi soumises à la loi, à des règles et à des normes.  Comment est-il pensable que l’institution municipale garde sa crédibilité dans les circonstances ? Qu’en serait-il si l’accusé était un directeur d’entreprise, un enseignant, un ministre ? Le fait que le maire reste en poste ne contribue-t-il pas à donner prise aux insinuations malheureuses selon lesquelles d’autres élus ou employés pourraient avoir spolié la municipalité ? Mettez-vous un instant à la place des employés municipaux et des élus ;  n’est-il pas injuste que la rumeur publique fasse retomber sur eux les accusations portées à l’endroit du maire ?

Comment les citoyens peuvent-ils maintenir un lien de confiance avec leur maire, un lien déjà durement éprouvé par son inconduite vis-à-vis du bien public ? Et comment le maire peut-il continuer de présider aux décisions de la municipalité alors que, de toute évidence, une bonne partie des citoyens se questionne sur son intégrité ?

Une conclusion qui ne m’appartient pas

Alors que les affaires de manquement aux devoirs de leur charge par des autorités publiques semblent se multiplier, on peut s’encourager en remarquant qu’on n’a jamais autant parlé d’éthique. Mais en parler ne suffit pas ;  il faut aussi y réfléchir à deux fois avant de poser des gestes, avant de prendre des décisions.

Chers lecteurs de ce blogue, merci d’accueillir cet article comme une petite contribution à la réflexion autour de cette affaire qui fait tant jaser. Tout le monde en parle, c’est vrai, mais nous avons justement le devoir d’en discuter. Merci de m’avoir lu et de continuer à faire évoluer ces idées au gré de vos propres réflexions.


Réponses

  1. Avatar de Ghyslain Deraspe

    Quand j’étais dans le domaine syndical, il y avait une seule façon à laquelle le syndicat n’avait aucune défense face à un cas de congédiement, c’est la perte du lien de confiance avec l’employeur.

    En tant qu’électeurs, ne sommes nous pas les patrons de M. Arseneau ? Donc n’y a t’il pas, dans cette affaire, une perte du lien de confiance qui justifierait un congédiement automatique. M. le maire, soyez transparent et laissez votre place le temps de faire la preuve de votre innocence dans ce dossier.

    Pour ce qui est des frais d’avocats payés par les contribuables, y a encore des choses qui m’échappent dans la vie, le gros bon sens existe t’il encore en 2012 ????

    Un compte de taxe de 1,800 piasses cette année…

    Ghyslain Deraspe

  2. Avatar de Diane Chiasson

    je suis complètement outré par les agissement de m.Joel Arseneau et comme contribuable je suis contre le fait que la municipalité des iles donc nous la population de payé les honoraires d’avocat pour monsieur Arseneau et oui il aurais et devrais par respect pour nous et en attente de la décision du juge quitté sa fonction de maire …

    Nous nous sommes fait voler et comme bon citoyens on paye pour son avocat le dicton le dit le ridicule ne tue pas ça na aucun bon sens nous devrions faire circuler une pétition pour que mrs. Arseneau prendre enfin ses responsabilités et paie ses honoraires lui il nous demande de payer nos taxes sinon on a une saisie sur nos demeures ou sens va la justice …

  3. Avatar de Yvonne Langford

    Madame Chiasson, convenez-vous avec moi que ce sera au tribunal de dire si « nous nous sommes fait voler » ? Pour le reste, je crois que les citoyens doivent se faire entendre dans cette histoire. La séance publique de mardi prochain (le 6 mars 2012) est une première façon de le faire.

  4. Avatar de Diane Chiasson

    j’en conviens et je suis consciente qu’on est présumé innoncent jusqu’à preuve du contraire …

    Pour se faire entendre j’espère que la population des iles pour une fois se tiendra et sera présente mais cela après que mrs Arseneau es passé devant le juge le 5 mars il y aurais due avoir séance publique avant pour avoir le point de vue de la population des iles et pour les honoraires d’avocat j’ai espoir que la municipalité des iles ne paiera pas si je suis accusée de vol ou autre je devrai payer pour mes frais d’avocat et je suis contre le fait que mrs le maire ne paie pas les siens

  5. Avatar de Yvonne Langford

    En effet, il y a deux événements la semaine prochaine. Le lundi 5 mars, Joël Arseneau comparaîtra au palais de justice de Havre-Aubert; probablement qu’il s’agira seulement d’entendre qu’il plaide non coupable aux deux accusations qui lui sont faites. Le mardi 6 mars, à compter de 19 h, se tiendra la séance publique (réunion régulière) du conseil municipal à l’hôtel de ville de Cap-aux-Meules. Ce serait bien qu’il y ait du monde et que les gens fassent entendre leur point de vue.

  6. Avatar de Raymond Gauthier

    Ma chère Yvonne,

    Je veux saluer la sagesse et la pertinence de ton questionnement concernant cette affaire collective, donc qui nous concerne au plus haut point. Il s’agit d’une contribution remarquable à une réflexion commune à laquelle les citoyens et les citoyennes ne se prêtent, hélas, pas souvent. Parce qu’on a pris l’habitude – dans notre système démocratique édulcoré, pour ne pas dire dénaturé –, d’accepter de laisser conduire nos affaires par des représentants qui ont toute latitude durant leur mandat.

    Non seulement on ne peut les destituer avant terme (l’initiative de démissionner est leur prérogative), mais, comme contribuables et mandateurs, on ne nous accorde que des simulacres de séances publiques : nous sommes conviés à assister béatement, chaque mois, à une mise en scène ridicule de décisions préalablement discutées et ficelées en coulisse par nos représentants municipaux, sous la présidence du maire.

    Nous, les citoyens de la Municipalité, on se contente de chialer dans les cuisines, les garages, les dépanneurs, en petits sous-groupes… ça nous change de parler du temps qu’il fait. Il est grand temps que nous exigions que des séances publiques ouvertes soient remises au programme de la démocratie municipale. Que nous puissions assister, en direct ou à la radio ou la télé, en temps réel, aux échanges et aux débats qui se font à propos de nos affaires publiques par ceux et celles que nous avons élus pour décider. La démocratie représentative a atteint ses limites et il faut de toute urgence faire une place convenable à la participation citoyenne directe. Les élus, à tous les niveaux, ont une peur bleue de laisser leurs commettants prendre la parole et exercer quelque contrôle sur leur parcours carriériste. Devant le public, ils doivent apparaître comme des gestionnaires disciplinés et unanimes. On ne sait jamais ce qui se passe à huis clos, ce qui se dit, qui dit quoi, qui influence qui. Belle transparence !

    Comme toi, Yvonne, je m’abstiens de prendre position sur le degré de responsabilité du maire dans cette affaire d’intérêt commun. Mais j’apprécie que quelqu’un ose proposer comme tu le fais si bien un questionnement ouvert et indiqué dans les circonstances. Ton intervention est de nature à susciter un débat public.

    Sans présumer de la preuve et du jugement qui relèvent du système judiciaire, ton argumentation est tout à fait convaincante que le maire devrait s’éclipser de la scène publique et ne pas faire porter par les contribuables les frais de sa défense. Même si le maire était innocenté des accusations de vol et de fraude qui pèsent contre lui, il semble s’agir, jusqu’à preuve du contraire, à tout le moins de la négligence personnelle d’une personne imputable, occupant un poste qui requiert toute notre confiance.

    Raymond Gauthier, l’Anse à la Cabane

  7. Avatar de Marielle Anne Martinet

    Je n’ai point entendu le point de presse du maire. Quelqu’un pourrait-il me relater les motifs invoqués par le maire Arseneau pour justifier le fait que ce soit la municipalité qui assume les frais de sa défense.

    D’après ce que je comprends, le maire a accepté des fonctions dans divers organismes municipaux. Ces organismes assumaient ses frais de déplacement et d’hébergement dans l’exercice de ses fonctions. Alors, si tel est le cas, pourquoi le maire Arseneau utilisait-il la carte de crédit de la municipalité? Il n’agissait pas comme représentant de la municipalité des ,à ce que je sache? C’est comme si je travaillais pour deux employeurs et que j’emprunte la carte de crédit du premier pour voyager pour le deuxième. C’est quoi cette façon de procéder? Et comme si ce n’était pas assez loufoque, j’oublie de remettre les remboursements qui m’ont été remis par ces organismes…un autre qui souffre du « je ne m’en souviens pas». Et, je l’oublie pendant longtemps, 3 ans. Et ce n’est pas encore assez: comme je me fais pogner, je décide que la Municipalité va me défendre. Mais franchement, c’est du grand art.

  8. Avatar de Yvonne Langford

    Madame Martinet, votre question est très pertinente.

    Sur la question du remboursement des frais de sa défense par la municipalité, dans la nouvelle diffusée à CFIM ( http://www.cfim.ca/accueil/-/pub/TI9z/content/1336805-le-maire-arseneau-defend-son-integrite?redirect=%2F ), le maire évoquait sans autre explication les articles 604.6 et 604.7 de la Loi sur les cités et villes ( http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_19/C19.html ) pour justifier que les contribuables doivent payer.

    Quand je lis ces articles, je ne peux arriver aussi facilement à cette conclusion.

    Par exemple, l’article 604.7 stipule que « La personne pour laquelle la municipalité est tenue de faire des dépenses (…) doit, sur demande de la municipalité, lui rembourser la totalité de ces dépenses (…) dans l’un ou l’autre des cas suivants: 1° l’acte ou l’omission de la personne, dont l’allégation a fondé la procédure, est une faute lourde, intentionnelle ou séparable de l’exercice des fonctions de la personne;(…) ». Est-ce que c’est la fonction d’un maire de ne pas remettre d’importantes sommes dues à la municipalité qui lui les réclame régulièrement?

    À l’alinéa 2 de l’article 604.8, il est bien spécifié que « les deniers de la municipalité ne doivent pas servir à protéger une telle personne contre les pertes financières qui résultent d’une inconduite sans commune mesure avec les erreurs auxquelles on peut raisonnablement s’attendre dans l’exercice des fonctions d’une telle personne. »

    Allez lire vous-même ces articles et vous pourrez constater que d’autres éléments de cette loi protègent le contribuable contre l’obligation de payer l’avocat de celui qu’on accuse de l’avoir volé. Dans cette affaire, il apparait assez évident que la municipalité doit recevoir l’avis d’un avocat avant de procéder au paiement des frais de l’avocat du maire. Est-elle allé chercher cet avis? Est-elle allé le chercher auprès de l’avocat qui défend le maire ? Se peut-il qu’il y ait confusion entre les intérêts de la municipalité et ceux de Joël Arseneau?

    À savoir si ses gestes sont criminels ou pas, je ne le sais pas et c’est au tribunal d’en juger. Ce qui est stupéfiant, c’est de constater que le maire intervient de manière à se poser en victime, alors c’est son inconduite qui l’a amené dans cette situation.

  9. Avatar de Yvon Lapierre

    Bonjour Mme Langford.
    Je veux vous féliciter pour l`article que j`ai pu lire dans la dernière édition du « radar » Je crois que comme vous il y a un tas de gens aux îles qui ne sont pas d`accord avec le fait que le maire ne se soit pas retiré durant les procédure juridique le concernant. Cet individu n`est pas sortis de chez « Jean-Coutu » avec une brosse à dent caché dans son manteau mais bien quelque chose de bien plus grave ! Je ne le reconnais plus comme interlocuteur de la municipalité des îles et pour moi les conseillés de village auraient dû exiger qu`il se retire. Merci d`avoir été la « voix des sans voix » dans ce dossier en espérant que la pression populaire pourra faire qu`il se retire.
    Yvon Lapierre

  10. Avatar de Isabelle Chevarie

    Bravo pour votre blog!

    Je ne peux aussi concevoir que les conseillés n’ont pas demandé le retrait du maire jusqu’à ce que la justice soit rendu. Coupable ou non coupable.

    Bien d’accord pour l’idée de la pétition.

    Et puis si c’est par un oubli ou par son insouciance que ces frais dûs à la municipalité n’ont pas été payés,les citoyens n’ont pas à payer les frais de son erreur!! On paye nos taxes déjà bien élevés et on les augmentent à cause de frais d’avocat?!!! C’est à ça que sert mes taxes? Je rêve! Comme c’est nous qui doit payer les frais d’avocat, où était notre faute? …Etait-ce quand on à élu certaines personnes?…

    Isabelle Chevarie

    • Avatar de Yvon Lapierre

      Je suis tout à fait d`accord pour l`idée de la pétition!!!!!!!!
      Je ne sais pas qui devrait la partir mais je la signerais à deux mains.
      Ce triste individu ne doit plus être le représentant des îles en attendant que la justice se penche sur son cas.. Les « moutons qui servent de représentants de village
      devraient se tenir debout pour une fois !!


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