Le 10 novembre dernier, ça m’a fait chaud au coeur de voir les étudiants du Québec faire grève et manifester contre la décision du gouvernement libéral de hausser drastiquement les frais de scolarité facturés aux étudiants universitaires. De toute évidence, ces moyens de pression n’étaient pas suffisants, mais ils étaient nécessaires. Espérons que ce n’était là que le début d’une mobilisation plus large, plus forte, pour gagner cette bataille de l’accessibilité aux études.
Une décision injuste – Les étudiants sont mécontents. Moi aussi. En soi, cette décision est inacceptable. Quand le gouvernement Charest décide de faire payer la note aux étudiants, il va dans le sens contraire de l’accessibilité aux études. Quand ce même gouvernement explique que les étudiants sont de futurs gros salariés et, donc, qu’ils peuvent très bien payer plus cher pour leurs études, il oublie que si la fiscalité québécoise était vraiment progressive, ces futurs salariés feraient leur « juste part » en remboursant au centuple le coût de leurs études universitaires par le versement d’impôts à l’État québécois tout au long de leur vie professionnelle. Par ailleurs, on ne peut réduire les études universitaires à un choix individuel dans le seul intérêt de l’étudiant. Un jeune qui étudie enrichit toute la société.
Pire encore pour les Îles – Pour les jeunes étudiants madelinots, cette hausse est encore plus injuste. Avant même les frais de scolarité, il en coûte une fortune aux étudiants – et à leurs parents – d’étudier à l’extérieur. C’est vrai pour l’université, mais aussi pour le cégep et les écoles professionnelles, lorsque ces maisons d’enseignement ne sont pas situées aux Îles. Imaginez un seul instant ce que ça coûte de moins à un étudiant de Montréal ou de Québec, par exemple, de fréquenter l’université dans sa ville de résidence (en supposant qu’il habite chez ses parents). Au Campus des Îles, en ne comptant pas les dépenses que l’étudiant occasionnerait en restant chez ses parents (ex. : nourriture, transport local, activités, matériel scolaire…), on estime à environ 7 500 $ ce qu’il en coûte de plus à un étudiant des Îles pour une année d’étude loin de chez lui (pour les frais de transport de et vers les Îles, d’installation, de logement, etc.). Méchante différence ! Conclusion : les jeunes Madelinots sont largement perdants en ce qui a trait à l’accessibilité aux études. Si on ajoute à ces dépenses la hausse de frais de scolarité de 75 % imposée par le gouvernement, évidemment, les études universitaires sont encore moins accessibles aux jeunes Madelinots. Qui peut prétendre le contraire ? L’Association du Parti libéral aux Îles ? Le député Chevarie ?
Les perdants de cette situation, ce sont les étudiants madelinots, leurs familles et toute la société madelinienne. C’est pour ça qu’aux Îles et dans les régions, plus qu’ailleurs, nous devons encourager les étudiants à s’engager et être à leurs côtés dans cette bataille.
2005, une grève historique – Le gouvernement nous dit qu’il octroiera plus d’aide financière, sous forme de prêts et bourses, aux jeunes qui en auront besoin pour leur garantir l’accès à l’université. Tout le monde le sait : pas besoin d’être riche pour ne pas avoir droit à une aide financière aux études sous forme de prêt ou, plus encore, de bourse. Cet argument, c’est une piètre manière de cacher le fait que la hausse des frais de scolarité appauvrira à peu près tout le monde, à commencer par les étudiants bénéficiaires de l’aide financière aux études de l’État. Comme encouragement aux études, on a déjà vu mieux.
Rappelons-nous qu’en 2005, les étudiants des Îles avaient été parmi les premiers sur la ligne de piquetage pour se battre contre des coupes dans le programme des prêts et bourses. Je revois bien des visages, mais en particulier ceux d’Andréane Boudreau et d’Anne-Christine Boudreau, les instigatrices et leaders du mouvement. Après cinq semaines d’une grève historique, avec un large appui de la population, guidés par la recherche du bien commun, les étudiants québécois avaient réussi à faire reculer le gouvernement Charest dans sa décision de réduire les prêts et bourses aux étudiants.
Pour des études accessibles – Au lieu de hausser les barrières aux études, le gouvernement doit les abaisser. Rendre les études universitaires plus accessibles, quel beau choix de société ! Engageons-nous pour que l’éducation demeure accessible à tous les étudiants du Québec, à commencer pour ceux des Îles et des régions. C’est important.