Bonjour tout le monde,
Chaque jour, je me dis que je vais arriver à vous remercier tous et chacun, personnellement. Chaque jour, vous êtes plus nombreux et d’autres tâches urgentes m’appellent. Ça viendra. Je ne vous oublierai pas.
Ce soir, je veux absolument vous donner des nouvelles des frères Printemps, avec qui je suis en contact régulier. Oui, mon texte est un peu long, mais je crois que ça en vaut vraiment la peine. C’est comme s’ils vous parlaient à vous.
JEAN-NICOLAS PRINTEMPS, frère de Jean-François
C’est par lui qu’un premier transfert s’est rendu au directeur du Collège Saint-Jean. Il m’écrit de retour de la région dévastée.
En résumé :
- Les populations touchées sont littéralement sous le choc et en grande partie laissées à elles-mêmes.
- Ce qui est beau, c’est la mobilisation des Haïtiens eux-mêmes, pour venir en aide directe à leurs frères et soeurs affectés.
- Son frère va bien. La tâche qu’il a devant lui est immense.
- Il est reconnaissant envers tous ceux qui s’activent pour faire de cette campagne un succès.
Rien de tel que de le lire (entre guillemets) :
« Au-delà de la petite satisfaction de retrouver les miens en bonne santé, la souffrance est visible et palpable. Et puis quand les gens racontent comment ils ont vécu les événements, il n’y a pas moyen de ne pas être touché. Les traumatismes du tremblement de terre sont toujours là. Les récits concernant les sensations sont effarants. L’expérience de la pluie durant les deux nuits après le séisme l’est encore davantage. Les gens n’étaient pas encore équipés de tentes ni de prélats. Pour se protéger et pour protéger les enfants, ils ont dû utiliser les moyens du bord. Et puis la terre continuait à trembler avec les répliques. À chaque fois, ça fait revivre les mauvaises sensations.
Pour le moment, l’aide arrive au compte-gouttes. L’État ne s’active pas assez ou n’a tout simplement pas les moyens pour intervenir de manière convenable et efficace. Comme on est dans une situation de grande détresse et qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde, les séances de distribution donnent souvent lieu à des dérapages.
Ce qui est perceptible et louable, c’est le mouvement de la société civile(…) Une chose tout aussi appréciable qui contribue à alléger cette pénible situation, c’est la solidarité au sein des familles. Maintenant que les gangs rivaux qui empêchaient la circulation vers le Sud observent une trêve, il y a beaucoup de mouvements en direction du Sud. Les gens en profitent pour aller visiter leurs proches et leur apporter leur soutien en termes nourriture, tentes, bâches, etc. Ceux qui sont en dehors du Pays leur font des transferts. Durant mes deux jours de passage dans le Sud, j’ai vu une foule devant chaque maison de transfert. Juste pour te dire comment la solidarité haïtienne est bien en place. Espérons que la solidarité internationale va emboîter le pas de manière à faire la différence par rapport à la faiblesse de l’État.
Pour ce qui concerne Jean-François, j’étais heureux de le retrouver en bonne santé aussi. Il n’est pas affaissé. Ton initiative y est certainement pour quelque chose. Il s’active pour voir comment embrasser sa nouvelle situation.
Au moment où je l’ai laissé, il était en train de réfléchir à l’évaluation des bâtiments et sur la construction d’un abri provisoire pour héberger l’équipe en charge de l’école. En effet, la partie de bâtiment réservée à l’hébergement de l’équipe n’est plus viable. La toiture et le réservoir d’eau qui alimentait la maison sont fissurés. Quand il pleut, il y a donc de l’eau dans les chambres. Son système d’inverter n’était pas non plus fonctionnel. Il réfléchissait aussi sur comment remplacer provisoirement les salles de classe manquantes. Bref, il se débrouille au milieu d’une multitude de problèmes les uns plus complexes que les autres. (…)
J’ai vu que la levée de fonds en faveur du Collège Saint Jean suit son cours et est en phase d’atteindre l’objectif fixé. Un grand merci à toi et à tous les bienfaiteurs ! »
Il y a quelques heures, constatant la progression de la campagne, il exprimait sa reconnaissance par ces mots :
« Grande est ma satisfaction de voir notre objectif atteint en seulement 5 jours. Grande aussi est ma reconnaissance à l’égard de tous les bienfaiteurs et les bienfaitrices. J’imagine aussi la satisfaction de Jean François. C’est vraiment encourageant! Chaque don est pour lui un signe qu’il ne faut pas baisser les bras face aux innombrables difficultés parce qu’il n’est pas seul dans le combat pour remettre le Collège Saint Jean en condition de continuer à offrir aux enfants, aux adolescents et aux jeunes de la ville des Cayes et des environs un service éducatif de qualité. C’est là le sens de l’élan de générosité et et de la solidarité exprimés par chacun et chacune de nos bienfaiteurs et bienfaitrices, comme tu l’as si bien exprimé dans ton communiqué après que l’objectif ait été atteint. Ce qui est déjà réalisé est chargé de signification! C’est carrément une leçon de vie! Moi personnellement j’en apprend beaucoup! Amitiés! »
JEAN-FRANÇOIS PRINTEMPS, directeur du collège
En résumé : –
- Après évaluation, une partie de l’école et des dortoirs devront être démolis, puis reconstruits. En plus de tout ce qu’il y a à réparer, solidifier, remplacer, réaménager, etc.
- En attendant, ils doivent aménager des espaces temporaires (classes et dortoirs) pour fonctionner d’ici la reconstruction.
- Jean-François, qui était hébergé au collège, se retrouve dehors depuis le séisme. à dormir dans sa voiture. Il ne s’en plaint pas.
- Il est très encouragé par la progression de la campagne, pour l’argent ET comme un formidable soutien moral.
Dans ses mots (entre guillemets) :
« Je me réjouis que la campagne avance. (…)
Je travaille maintenant sur la démolition d’une bonne partie du bâtiment et sur l’hébergement provisoire pour héberger les classes et aussi moi-même et les collègues qui résident au collège. Là maintenant, mon seul abri, c’est une voiture dans laquelle je me couche et dépose quelques effets sauvés des décombres.
Je suis un rude travailleur. En quatre ans, j’ai pu ajouter 14 salles de classe au Collège avec l’implantation des sections préscolaire et primaire qui n’existaient pas avant mon arrivée en septembre 2013. J’ai construit et réparé avec les maigres ressources que j’avais à ma disposition.
Je te donne ces quelques informations pour te rassurer que tout ce qui sera collecté sera utilisé pour remettre le Collège sur ses pieds. J’estime que tu es traversé par le même courant que moi.
Je réfléchis à pleins de choses que nous pouvons faire ensemble pour cette œuvre qui me tient à cœur.
Puisse le Seigneur nous donner assez d’énergie pour mobiliser autant de cœurs et d’esprits dans cette campagne.«
Laisser un commentaire